Burkina : Après la chute de Compaoré, les militaires reviennent en politique

Par Gary SLM
Publié le 25 novembre 2016 à 10:14 | mis à jour le 25 novembre 2016 à 10:14

Les militaires burkinabè pourront dorénavant occuper de hautes fonctions dans la sphère politique au pays des hommes intègres. C'est du moins ce qui ressort du nouvel amendement de l'Assemblée nationale abrogeant l'interdiction édictée par le gouvernement de transition.

Les militaires burkinabè réhabilités... politiquement

L'accession et la gestion du pouvoir au Faso n'auraient véritablement pas laissé une bonne impression aux Burkinabè. Ainsi, après le soulèvement populaire qui a abouti au renversement de Blaise Compaoré, le peuple désirait mettre les militaires en quarantaine politiquement. Cette aspiration a donc été prise en compte par le Conseil national de la transition (CNT) faisant office d'Assemblée parlementaire. En effet, une loi de juin 2015 interdisait aux militaires et autres hommes de tenue de faire la politique. L'accès aux fonctions ministérielles et autres hautes fonctions de l'administration publique (directeur de société d'État ou d'Institutions) leur étaient fermé. À moins que ceux-ci démissionnent d'abord de leur fonction militaire.

Mais le parlement burkinabè, dirigé par Salif Diallo, vient d'en disposer autrement. Car un nouvel amendement adopté par l'Assemblée nationale autorise désormais les militaires et assimilés à occuper ces hautes fonctions. Il s'agit bien sûr de ceux qui sont omniprésents dans les arcanes politiques.

Notons que plusieurs présidents burkinabè sont arrivés au pouvoir à la suite d'un coup d'État. Que ce soit Aboubacar Sangoulé Lamizana (3 janvier 1966 - 14 juin 1970), Saye Zerbo (25 novembre 1980 - 7 novembre 1982), Jean-Baptiste Ouédraogo (8 novembre 1982 - 4 août 1983), Thomas Sankara (4 août 1983 - 15 octobre 1987) ou encore Blaise Compaoré (15 octobre 1987 - 30 octobre 2014), toutes ces gestions ont laissé un certain arrière-goût quelque peu désagréable au peuple.


Cet amendement ne viendrait-il pas encore donner un avant-goût du pouvoir à ces hommes en armes qui sont en principe chargés de la défense du territoire ? Surtout que des aventuriers, nostalgiques d'un récent passé, continuent de mijoter des coups dans l'ombre.



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