Côte d'Ivoire : la BAD quitte Abidjan...partiellement, le gouvernement s'enflamme

Par Gary SLM
Publié le 25 novembre 2016 à 18:22 | mis à jour le 25 novembre 2016 à 18:22

La BAD serait-elle en train d'annoncer son départ définitif de son siège d'Abidjan? Nous n'en sommes pas encore là. Mais le simple fait pour la banque panafricaine d'affecter près d'un millier de ses agents dans des bureaux régionaux irrite déjà Abidjan.

La BAD partira, partira pas ? le suspens reste entier...

La délocalisation de la Banque africaine de développement (BAD) à Tunis orchestrée par Omar Kabbaj (2003) hante encore les Ivoiriens. Aussi, à la moindre annonce que l'institution pourrait ouvrir d'autres bureaux inquiète d'ores et déjà les autorités ivoiriennes. En effet, Akinwumi Adesina, président de cette banque, a initié des réformes dont l'un des pans est la création de cinq représentations régionales afin de se rapprocher davantage de ses usagers. Par conséquent, entre 800 et 900 de ses agents quitteront le siège d'Abidjan pour être déployés à Johannesburg, Nairobi, Tunis ainsi que deux autres destinations dont les noms n'ont pas encore été révélés. Et ce, dans une période de dix-huit mois, à en croire Frannie Léautier, la vice-présidente principale de la BAD.

Cette information n'est véritablement pas du goût des autorités ivoiriennes qui, sans s'exprimer officiellement, maugréent déjà. Pour un ministre ivoirien qui a réagi sous couvert de l'anonymat : « C’est une trahison. Le gouvernement sera saisi, et cette situation débattue en Conseil des ministres. » Son autre collègue du gouvernement trouve invraisemblable cette délocalisation, même partielle, de la BAD. Car, les coûts de ce vaste mouvement seraient véritablement exorbitants.

Notons que la BAD dont le siège est à Abidjan avait délocalisé à Tunis à cause de la crise sociopolitique. Onze ans après, le gouvernement ivoirien avait investi près de 100 millions de dollars (environ 55 milliards FCFA) pour son retour. Tous ces efforts financiers pourraient être vus comme vains si près de 40% de l'effectif de l'institution se trouvait ailleurs. Surtout que les directeurs généraux de ces futurs bureaux ont déjà été nommés par le président Adesina.


Toutefois, cette volonté affichée de délocaliser partiellement ne cacherait-elle pas des remous sociopolitiques futurs en Côte d'Ivoire ? Les responsables de la BAD auraient-ils maille à partir avec les autorités ivoiriennes ? L'avenir nous situera sur les véritables motivations d'un tel projet.






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