Maroc - UA : Dlamini-Zuma contre le retour du royaume chérifien dans l'UA ?

Par Gary SLM
Publié le 01 décembre 2016 à 17:11 | mis à jour le 01 décembre 2016 à 17:11

Le retard observé dans la réintégration du Maroc à l'UA serait du fait de Nkosazana Dlamini-Zuma. Telle est la grave accusation que portent les autorités marocaines sur la présidente de la Commission de l'UA.

Nkosazana Dlamini-Zuma opposée à la réintégration du Maroc ?

Après son retrait de l'ex-OUA en 1984 à cause du dossier du Sahara occidental, le Maroc entend réintégrer l'Union africaine. Mais compte tenu de la lenteur de la procédure, les autorités du royaume chérifien disent avoir trouvé la cause principale. À en croire Salaheddine Mezouar, ministre marocain des Affaires étrangères, Nkosazana Dlamini-Zuma serait manipulée par les autorités algériennes pour faire « obstruction » à la réintégration de son pays dans l'organisation régionale. À cet effet, la présidente de l'UA emploierait des manoeuvres dilatoires concernant la diffusion de leur demande d'adhésion aux membres. Et le ministre de poursuivre : « La présidente manque ainsi à son devoir de neutralité et ne respecte pas les règles de l'UA. »

Notons que le roi Mohammed VI avait manifesté, dès la mi-juillet, la volonté de revenir dans l'Union. Trente-deux ans après son retrait, le Maroc a donc formulé une demande officielle en septembre dernier. Le souverain marocain avait même engagé un lobbying auprès de ses pairs africains pour appuyer sa démarche. Pour que cette réintégration soit entérinée, il faut qu'elle soit approuvée par 2/3 des membres, soit 36 pays sur 54. Mais ne voyant pas les lignes bouger en leur faveur, les autorités marocaines ont vite fait de trouver un bouc émissaire.


Et pourtant, Mme Dlamini-Zuma avait simplement suggéré un « examen politique » de la demande avant de statuer sur sa recevabilité. Le prochain sommet de l'UA se tiendra dans moins de deux mois (fin janvier 2017) à Addis-Abeba. Les débats s'annoncent donc houleux et le fond de la question du retour du Maroc est loin d'avoir été vidé. Ce 28e sommet qui se profile à l'horizon se chargera également de désigner le nouveau président de l'UA.






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