Burkina : écoutes téléphoniques inexploitées, la libération de Bassolé exigée

L'expertise réalisée sur les écoutes téléphoniques n'aurait rien donné de concret. L'expert allemand commis à la tâche estime que le document est inexploitable. L'avocat de Djibrill Bassolé exige donc la libération pure et simple de son client.

Les écoutes téléphoniques Soro-Bassolé, un vrai-faux débat ?

La montagne aura accouché d'une souris. Car les multiples espoirs placés en l'expertise des écoutes téléphoniques qui impliqueraient Djibrill Bassolé et Guillaume Soro sont restées lettres-mortes. En effet, le 5 octobre dernier, le juge François Yaméogo du tribunal militaire du Faso avait délivré une ordonnance aux fins d'authentification de certaines conversations téléphoniques. Aussi, Hermann Künzel, l'expert allemand chargé du dossier n'a-t-il pu les exploiter valablement. Cette information a été donnée par le juge d'instruction lors d'une rencontre, ce mercredi, avec les parties.

Me Alexandre Varaut, l'avocat de l'ex-ministre des Affaires étrangères de Compaoré est aussitôt monté au créneau. Selon l'avocat français, le rapport de l'expertise disculpe entièrement son client, car l'expert officiel n'a pu l'exploiter convenablement. Il appelle donc la justice burkinabè à tirer toutes les conséquences de ce rapport : « Ce rapport ne cause aucune surprise. Il est impossible de savoir quoi que ce soit à partir de ces enregistrements. »

Puis, il ajoute : « À partir de là, l'accusation n'a plus de support et par conséquent, c'est la liberté. Nous demandons donc sa mise en liberté immédiate dans un procès qui n'a que trop duré. M. Bassolé, on le voit bien, n'est en prison que pour des raisons politiques. Il est temps que les juges prennent leur indépendance à l'égard du pouvoir et qu'ils disent "nous faisons notre travail de juge. On a devant nous un innocent, nous le mettons en liberté". »

Quelque peu déçus du fait que le document n'a pu être exploité, certains observateurs continuent tout de même de s'interroger sur cette conversation supposée entre l'ancien chef de la diplomatie burkinabè et l'actuel président de l'Assemblée nationale ivoirienne. D'aucuns vont jusqu'à évoquer des mains manipulatrices pour éviter que la vérité éclate au grand jour. Quoi qu'il en soit, l'expert s'est prononcé, il revient maintenant au juge de décider.