Côte d'Ivoire: Déclaration de l'UNJCI en faveur des journaux de l'Opposition suspendus par le gouvernement

Par Gary SLM
Publié le 20 décembre 2016 à 01:17 | mis à jour le 20 décembre 2016 à 01:17

L'Union Nationale des Journalistes de Côte d'Ivoire (UNJCI) s'offusque dans une Déclaration produite à cet effet de la décision prise par le Conseil National de la Presse (CNP, organe du pouvoir) qui suspend, par trois décisions, N° 077, 078 et 079 du mardi 6 décembre 2016, les quotidiens La Voie Originale (26 parutions), Aujourd’hui (7 parutions) et LG Infos (7 parutions).

Suspension des journaux de l'Opposition: la réaction de l'UNJCI

" Le CNP reproche à ces trois journaux, soit d’avoir continué de soutenir, après une suspension de 15 parutions en octobre 2016 pour le même motif, que « M. Laurent Gbagbo est président du Front populaire ivoirien (FPI) depuis le 3ème Congrès extraordinaire tenu par ce parti, le 30 avril 2015 ; qu’en son absence, le FPI a pour président intérimaire M. Sangaré Abou Drahamane (…) et que cette décision du 3ème congrès extraordinaire du FPI n’a jamais été contestée » ; soit d’avoir publié des photographies de personnalités de l’opposition emprisonnées dont l’ancien président Laurent Gbagbo, son épouse Simone Ehivet Gbagbo, Charles Blé Goudé, Lida Kouassi Moise, Hubert Oulaye, Assoa Adou, Koua Justin, Dahi Nestor, le Général Bruno Dogbo Blé, l’Amiral Vagba Faussignaux, le Commandant Séka Yapo Anselme dit Séka Séka et Me Patrice Bailly, et « avoir qualifié ces personnalités de prisonniers politiques » ou en « détention arbitraire ».

Le Conseil Exécutif de l’UNJCI constate avec regret que ces sanctions :

- S’avèrent extrêmement sévères et assez lourdes pour les fautes incriminées ;

- risquent d’entraver gravement la liberté de la presse et les emplois des journalistes qui exercent dans ces médias ;

- Sont de nature à dégrader l’image du pays dans le classement mondial de la liberté de la presse.

Interpellé donc par cette situation, le Conseil Exécutif de l’UNJCI :

- Déplore ces sanctions qui, à la longue, pourrait remettre en cause la liberté de la presse dans notre pays, les emplois des journalistes et la survie des entreprises de presse visées ;

- Invite l’autorité de régulation à plus de discernement et pondération dans sa mission ;

En tout état de cause, le Conseil Exécutif de l’UNJCI s’engage à jouer sa partition pour que pareille situation ne se reproduise plus.

Fait à Abidjan le 19 décembre 2016

Pour le Conseil Exécutif

Le Président

TRAORE MOUSSA (MT)

Pdt de l’UNJCI ".

Toutefois, il faut reconnaître la négligence de l'UNJCI à réagir avec promptitude lorsque la liberté de presse est ainsi en danger, surtout que l'enjeu est d'empêcher l'équilibre de l'information lors des campagnes avant les élections. Les journaux suspendus ne réclament pas de la commisération, mais simplement la liberté de s'exprimer.



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