Tunisie - Congo : des étudiants congolais, victimes de racisme à Tunis

Le racisme envers les noirs est encore une réalité dans le Maghreb en général et en Tunisie en particulier. Trois étudiants congolais viennent d'en faire les frais, ce week-end, victimes d'un agresseur tunisien. Les autorités tunisiennes ont donc décidé de légiférer pour juguler ce fléau.

Agression sur des étudiants congolais, le racisme anti-noir de trop ?

L'affaire continue de créer un vif émoi dans la communauté noire tunisienne et une indignation au sommet de l'État. En effet, le samedi 24 décembre dernier, deux jeunes femmes et un homme, tous des étudiants congolais, ont été agressés en pleine capitale tunisienne par un homme présenté comme souffrant de troubles psychologiques. Ce dernier aurait aussitôt été placé en garde à vue par les autorités sécuritaires et les agressés admis à l'hôpital. Aussi, face à la récurrence de ces actes de racisme, Youssef Chahed, Premier ministre tunisien, a décidé de réagir : « Il faut une stratégie nationale afin de changer les mentalités, et une loi qui criminalise la discrimination. »

Il était effectivement temps de légiférer sur le racisme, car la profondeur du mal nécessite une réaction institutionnelle. L'on peut entendre au quotidien, dans les lieux publics, les écoles, les supermarchés, les gares, les bus... cette parole discriminante : « Hé, le Noir, lève-toi, je veux m’asseoir. » À en croire Saadia Mosbah, présidente de l’Association tunisienne M’nemty : « Le racisme est enraciné dans nos sociétés. Le Noir est pour beaucoup un Nègre, un être inférieur. Beaucoup réagissent différemment envers les immigrés selon leur couleur de peau. L’Européen est ainsi le bienvenu, il est respecté, contrairement aux Noirs. » Ce tableau si bien dépeint par cette militante des droits humains est observé, même dans certains services publics. Des actes de naissance de Tunisiens noirs de la communauté de Djerba portent encore la mention « esclaves affranchis ».

Des organisations de la société civile et des militants anti-racisme ne cessent donc de donner de la voix. Ils espèrent que les autorités entendront leur cause afin que cessent ces humiliations dont ils sont l'objet. Le président tunisien, Béji Caïd Essebsi est donc interpellé sur ce fléau qui ne fait nullement honneur à son pays.