Guinée : Le pouvoir et l'opposition guinéenne s'empoignent à nouveau

Par Gary SLM
Publié le 10 janvier 2017 à 13:29 | mis à jour le 10 janvier 2017 à 13:29

Alors que l'on s'attendait à une lune de miel définitive entre les acteurs politiques guinéens, que patatras ! L'opposition guinéenne exige dès maintenant l'application intégrale de l'accord politique au risque de prendre à nouveau la rue.

L'opposition guinéenne dézingue à nouveau le camp présidentiel

L'entente affichée entre le pouvoir et l'opposition guinéenne est vraisemblablement en train de partir en vrille. La pomme de discorde est née de l'application de l'accord politique signé entre les acteurs politiques en octobre dernier. Et cette dichotomie risque d'enflammer très bientôt les rues guinéennes. Ainsi que l'explique Aboubacar Sylla, porte-parole de l'opposition : « Nous avons déjà décidé de suspendre notre participation aux travaux du comité de suivi des accords du 12 octobre. Nous ne voyons aucune volonté politique réelle du pouvoir de mettre en œuvre des dispositions qui ont été convenues dans le cadre de cet accord. Trois mois après sa signature, aucune disposition de cet accord n'est encore en vigueur. »

Le point d'achoppement se situe au niveau de la non-adoption du nouveau code électoral par l'Assemblée nationale. Alors que, les élections locales et communales étaient prévues pour février prochain. D'où la menace des opposants de prendre la rue les jours à venir pour protester contre le double-jeu du pouvoir.

Pour Cellou Dalein Diallo, « Alpha Condé n’a pas respecté sa parole ». Et pourtant, le chef de file de l'opposition avait « décidé de répondre favorablement à l’invitation du président de la République ». Ce clash à l'horizon plomberait-il à nouveau la paix sociale en Guinée ? Le dialogue politique initié par le président Condé n'était-il qu'une manoeuvre dilatoire de sa part pour endormir l'opposition ? N'est-ce pas l'opposition elle-même qui est en train de saborder ce processus ?

Quoi qu'il en soit, la Guinée a besoin d'une bonne entente entre ses fils et ses filles pour amorcer un nouveau départ. Car l'économie guinéenne a été fortement éprouvée par l'épidémie de la fièvre hémorragique à virus Ebola. Les Guinéens appellent donc Alpha Condé, Cellou Dalein Diallo et leurs autres leaders politiques à faire la « paix des braves ».