A quand la Côte d'Ivoire réconciliée et prospère?

Par Gary SLM
Publié le 18 janvier 2017 à 11:49 | mis à jour le 18 janvier 2017 à 11:49

La Côte d'Ivoire a plus que jamais besoin en ce moment d'être réconciliée et prospère. La réconciliation ne doit plus être de façade ni la prospérité ne faire le bonheur que d'une seule classe politique, en occurrence le RHDP, qui depuis avril 2011, poursuit sa marche enfermé dans une légitimité construite et artificielle.

Côte d'Ivoire: la nécessité d'être réconciliée et prospère

La Côte d'Ivoire a besoin de respirer l'air de la vraie réconciliation et de vivre une prospérité qui sera le partage de tous les Ivoiriens. La politique est devenue la manne nourricière des Ivoiriens depuis les années 90 et s'est de plus en plus renforcée ces récentes années. Lettrés et illettrés, analphabètes et intellectuels, soldats et Officiers, tout le monde se ruent vers la politique pour se réaliser dans la vie le plus tôt possible.

Dans cette marrée humaine vers l'activité politique, la démocratie n'a plus un seul sens, elle est devenue polysémique parce que justement polémique. Du "gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple", selon la définition d'Abraham Lincoln, la démocratie en Côte d'Ivoire est à la fois ce que fait le Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix lors des différentes élections, mais aussi elle est la réaction qu'apportent les partis d'opposition inféodés ou non au pouvoir Ouattara.

Dans cet imbroglio de sens, le grand mérite de la classe politique ivoirienne est d'avoir érigé en attitude politique démocratique, des mensonges d'Etat, des compromissions bon marché et des détentions arbitraires sans pareil. Ne dit-on pas en Côte d'Ivoire chiffre à l'appui que toutes les élections à sens unique organisées par le RHDP depuis avril 2011 sont libres et transparentes? La légitimité ainsi construite ne peut qu'être artificielle, or le pays a besoin de poursuivre sa marche sur des routes réelles et non factices.

L'exclusion n'a jamais favorisé la Côte d'Ivoire. Comme si son destin était semblable à celui des Etats-Unis où tous les peuples y trouvent leur compte, la Côte d'Ivoire a toujours sanctionné les pouvoirs qui commettent l'erreur de diviser les Ivoiriens, de couver et activer cette exclusion. Sous les présidents Bédié, Guéi, et Gbagbo, l'arme de l'exclusion a été interprétée de mille manières et a servi d'argument pour faire couler ces pouvoirs naissants.

Aujourd'hui, avec SEM Alassane Dramane Ouattara aux commandes des affaires ivoiriennes, le maquillage de la réalité d'exclusion d'une frange non des moindres de la classe politique ivoirienne (les pro-Gbagbo et les Gbagbo ou rien) est la même étincelle qui a fait détonner la poudrière en décembre 1999, en 2000 et en avril 2011. La Côte d'Ivoire ne saurait être gouvernée par des politiques drôles, faux et ambitieux. Seuls des rassembleurs, des hommes et des femmes vrais, guéris eux-mêmes de toute haine et conscients de ce qu'est réellement la Côte d'Ivoire, peuvent diriger ce pays primordial de l'Afrique de l'Ouest. Sinon, on assisterait à la débrouillardise et à la transpiration due au fait de courir dans tous les sens pour trouver des solutions aux difficultés imprévisibles (mutinerie, grève des fonctionnaires, etc.), qui n'ont pas été gérées par anticipation, cette règle élémentaire de la gestion étatique...

Nous voici dans une Côte d'Ivoire dont la IIIè République est contestée comme la constitution qui l'y a consacrée. Une Côte d'Ivoire où le dauphin constitutionnel Soro Guillaume est devenu la 4è personnalité de l'Etat, parce que Daniel Kablan Duncan est désormais le Vice-président de la République (2è personnalité de l'Etat) et l'ami fidèle et "frère" de Ouattara, Amadou Gon Coulibaly le nouveau Premier Ministre, 3è personnalité de l'Etat. Rien de nouveau sous le ciel RHDP, sauf un jeu de dame où des pions sont déplacés.

Pendant ce temps, le Président Laurent Gbagbo et le Ministre Charles Blé Goudé sont incarcéré dit-on pour leur propre sécurité à la Cour Pénale Internationale (CPI); des millions d'autres Ivoiriens sont toujours en exil du fait des crises sociopoltiques de 2002, 2010 et 2011. Des centaines d'autres ivoiriens croupissent toujours à la Maison d'Arrêt et de Correction d'Abidjan (MACA) du fait de leur appartenance politique à Laurent Gbagbo, et des jeunes sont impatients de faire leur entrée sur la scène politique pour vider des placards tous les vieux cadavres qui refusent de mourir comme des cafards...


Pendant ce temps, la population peine à se loger, se nourrir, se soigner, financer les études des enfants, se déplacer (transport), payer ses factures (Cie, Sodeci...). Or, le gouvernement annonce que l'Etat est au "vert" avec 9% de croissance économique. De quel côté alors se trouve la vérité au regard de la fronde sociale actuelle? Du côté des gouvernants ou du côté du peuple? Les prix de denrées alimentaires et autres sont tous en hausse. La croissance économique n'est pas efficiente car elle n'atteint pas aussi le peuple. D'où le mécontentement social.

Abstraction faite de toutes les considérations politiques, les militaires, les policiers, les gendarmes...les fonctionnaires et agents de l'Etat, les élèves et les étudiants, les prisonniers et les exilés bref, le peuple de Côte d'Ivoire souffre. Tout ne va donc pas très bien au pays. De quoi à réécouter le chant du célèbre artiste ivoirien Tiken Jah de Facoly " Mon pays va mal ".

De quoi à revenir surtout à la réalité pour mieux gouverner la Côte d'Ivoire.






Articles les plus lus