RDC : La Cenco toujours à la manoeuvre pour un "arrangement particulier"

L'accord politique signé entre les acteurs politiques congolais, sous l'égide de la Cenco, a du mal à trouver application. Eu égard à certains points d'achoppement entre pouvoir et opposition, le clergé s'est encore engagé pour trouver un « arrangement particulier ».

Quand la Cenco met pouvoir et opposition devant leurs responsabilités

Alors que les Congolais avaient jubilé le 31 décembre dernier après la signature de l'accord politique, qu'un nouveau blocage s'annonce. En effet, la majorité et l'opposition ont, jusque-là, du mal à s'accorder sur certains points clés de l'accord. Il s'agit entre autres de la composition du Conseil national de suivi de l'accord, de la répartition des postes au sein du futur gouvernement et surtout de la procédure de désignation du Premier ministre. Mais pour la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), il suffit d'une simple volonté politique pour faire avancer le processus. « S'il y a de la bonne volonté, c'est tout à fait faisable. C'est une question de volonté », semble se convaincre le porte-parole du prélat congolais.

Notons qu'au terme de l'accord signé en fin d'année dernière, le président Joseph Kabila devait conduire une transition jusqu'aux élections. Durant cette transition, il n'était nullement autorisé à modifier la Constitution, encore moins à se présenter pour un troisième mandat. De même, la primature était échue au Rassemblement, une coalition de l'opposition dirigée par Étienne Tshisékédi et Moïse Katumbi. Mais pour la désignation du Premier ministre, le président demande à l'opposition une liste de cinq candidats parmi lesquels il pourrait faire son choix. Proposition catégoriquement refusée par l'opposition qui n'entend laisser ce loisir au président. À en croire Me Kapiamba, l'un des délégués de la société civile : « Donner le dernier choix au président serait contraire à l'esprit de l'accord du 31 décembre. »

Face à ce nouveau blocage, le clergé congolais s'active pour éviter que les parties versent dans des « manœuvres dilatoires ». Marcel Utembi, président de la Cenco appelle donc les parties à se mettre d'accord sur « l'arrangement particulier » dès ce samedi. Pendant ce temps, Ida Sawyer, la chercheuse de HRW a été à nouveau autorisée de séjourner en RDC.