Burkina-Faso/excision des filles: la gendarmerie de Bagré saccagée

Par Gary SLM
Publié le 27 janvier 2017 à 12:18 | mis à jour le 27 janvier 2017 à 12:18

Fidèle à l'excision des filles, les populations ont saccagé la gendarmeriede Bagré, localité située dans la province du Boulgou (centre est) au Burkina-Faso, pour tenter de libérer aux forceps des détenus qui ont fait de l'excision leur métier.

La gendarmerie de Bagré attaquée par des défenseurs de l'excision des filles

Difficile de changer les mentalités à Bagré au Burkina-Faso, où la gendarmerie vient d'être prise à partie par des défenseurs de l'excision des filles. Ce sont des locaux de la gendarmerie laissés sens dessus dessous avec du matériel détruit et 8 personnes, dont une exciseuse, libérées de force par la population en furie qui s’opposait à leur détention, pour pratique d'excision sur les filles.

L'on peine encore à se demander comment les manifestants ont pu s'emparer des locaux de la gendarmerie de Bagré en défonçant portes et fenêtres, pour mettre la main sur les motos des agents et libérer les détenus dont une exciseuse et sept de ses complices! Ces personnes détenues avaient été arrêtées dans le cadre d’une opération d'excision de filles, raconte un officier trouvé sur place.

La population furieuse n'a pas voulu de négociations avec les autorités, mais a tenu à se rendre elle-même justice en refusant de se laisser apaiser ou attendrir. Pour rétablir l'autorité de l'Etat à Bagré, du renfort a été envoyé de Tenkodogo, chef-lieu de la province, et l'opération d'identification des meneurs de cet affront a permis d'interpeller au moins une quinzaine de personnes dans le cadre de cette affaire.


Malgré l’interdiction de l’excision et des mutilations génitales féminines (MGF) et la répression des coupables de tels actes de peines de prison et d’amendes, la pratique des mutilations génitales féminines reste encore très répandue au Burkina Faso.