RCA : La milice 3R met Bocaranga à feu et à sang, une dizaine de morts

Par Gary SLM
Publié le 04 février 2017 à 12:06 | mis à jour le 04 février 2017 à 12:06

C'est une lapalissade d'affirmer que la Centrafrique n'est pas encore sortie de l'ornière. Car les affrontements intercommunautaires sont loin d'avoir pris fin. La milice 3R a attaqué la localité de Bocaranga, ce jeudi 2 février, avec une violence outrancière.

La milice 3R entre dans le cycle de violence

Une horde d'assaillants ont fait une descente dans la sous-préfecture de Bocaranga, jeudi dernier, semant ruine et désolation autour d'eux. En effet, les éléments de la milice 3R (Retour, Réclamation et Réhabilitation) ont pris d'assaut, à l'aube de ce jour, cette localité du nord-ouest centrafricain. Lourdement armés, ces étranges visiteurs ont tout d'abord ciblé le camp de la Minusca avant de s'attaquer à la population. Des habitations, magasins et autres commerces ont été pillés et incendiés. Les sièges des ONG qui opèrent dans la région n'ont nullement été épargnés dans la folie destructrice de ces quidams. L'on déplore malheureusement la mort d'au moins neuf personnes.

En représailles, les anti-Balaka sont également en train de bander leurs muscles pour se venger. Ce cycle de vendetta à n'en point finir place résolument la RCA au bord d'une implosion inévitable. Les risques de guerre civile ne font que s'accroitre et la Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations unies en Centrafrique (Minusca) semble débordée par ces escalades de violence. Pris entre deux étaux, les populations de cette zone sont en train de fuir massivement vers des régions plus sécurisées.


Aussi, revient-il au président Faustin-Archange Touadéra de mettre tout en oeuvre pour ramener la sécurité dans son pays. Les bailleurs de fonds ont certes recommencé à se signaler du côté de Bangui. Mais tous les efforts fournis par les autorités seraient vains s'il n'y a véritablement pas de sécurité. Et pourtant, c'est dans ce contexte très précaire que l'opération française Sangaris a choisi pour quitter la Centrafrique en octobre dernier.