Côte d'Ivoire : Guillaume Soro, le roseau qui plie sans rompre

Alors que l'on le croyait politiquement fait, voilà que Guillaume Soro a repris du poil de la bête. Après les mandats d'amener, l'affaire de l'écoute téléphonique et autres épreuves, le PAN ivoirien a retrouvé son poste au sein du Parlement et bien plus.

Guillaume Soro, l'homme qui enjambe les difficultés

Les années 90 auront consacré la naissance d'un leader qui continue, jusque-là, de faire parler de lui. Du secrétariat général de la Fesci (1995-1998) à la présidence de l'Assemblée nationale ivoirienne, en passant par la tête du MPCI (rébellion) et la Primature, que de parcours pour Guillaume Soro qui aura vu des vertes et des pas mûrs. Mais au bout de toutes ces épreuves, Bogotha a démontré sa capacité de surmonter et même à les capitaliser.

Ne dit-on pas que tout ce qui ne tue pas forme ? Ce dicton semble bien coller à la peau du natif de Kofiplé (Diawala), car il retombe toujours sur ses pieds. En novembre 2015, une affaire d'écoute téléphonique lors de la tentative de putsch au Burkina Faso dans laquelle les interlocuteurs seraient Guillaume Kigbafori Soro et Djibrill Yipènè Bassolé, avait créé des incidents diplomatiques entre la Côte d'Ivoire et le Faso. Mais en fin de compte, les présidents Roch Kaboré et Alassane Ouattara ont privilégié une résolution diplomatique de l'affaire. Les enregistrements téléphoniques incriminés n'ont finalement pu être authentifiés par l'expert allemand commis à la tâche.

Séjournant en France en décembre 2015, Soro était également visé par un mandat d'amener émis par la juge Sabine Khéris. Il s'agissait de l'entendre sur les allégations de « séquestration, traitements inhumains et dégradants » dans l'affaire Michel Gbagbo. Mais là encore, Tiéni Gbanani a réussi à passer entre les mailles du filet de la justice française. Alors que ses détracteurs jubilaient, le mandat d'amener qui limitait ses mouvements à l’international a lui aussi sauté.

Les lieutenants de Soro aux postes de commandement de l'armée

Sur le plan national, d'aucuns ne cessaient d'évoquer la mise à l'écart de Guillaume Soro par le président Ouattara. Mais finalement, Soro est reconduit à la présidence de l'Assemblée nationale en tordant peut-être même la main de son chef, même s'il a perdu le dauphinat constitutionnel au profit du vice-président, Daniel Kablan Duncan. N'empêche qu'à la suite des mutineries qui ont secoué la Côte d'Ivoire, un vaste réaménagement a été opéré dans l'armée. Ces nominations ont consacré la promotion des hommes clés de Guillaume Soro du temps de la rébellion. La quasi-totalité des ex-commandants de zone (Com'zone) a été promue dans différentes composantes des Forces armées de Côte d'Ivoire (FACI). Et là, c’est un certain Hamback qui bandait ses muscles il y a peu qui a découvert sa force.

Décidément, c'est à croire que Soro est un véritable roseau qui plie sans rompre. Au plus fort de l'adversité, le député de Ferkessédougou trouve toujours les ressources nécessaires pour retomber sur ses pieds. Il a par ailleurs échappé à plusieurs tentatives d'assassinat dont les plus évocateurs sont l'invasion de la cour de la Radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI) par les jeunes patriotes, le 27 juin 2003, alors qu'il y était en visite. Il y a surtout l'attentat à la roquette contre le Fokker100 qui le transportait à Bouaké, le 29 juin 2007. Quatre membres de son équipage avaient été tués et plusieurs autres blessés lors de cette attaque. Certains de ses compagnons de la rébellion étaient soupçonnés d'avoir perpétré cet attentat.

L'homme qui cache mal ses ambitions politiques a repris la main. Le boulevard est maintenant ouvert pour l'ex-Premier ministre de Laurent Gbagbo et d'Alassane Ouattara pour accéder au pouvoir d'État qu'il lorgne depuis belle lurette. Mais ses probables adversaires connus ou tapis dans l'ombre n'ont pas encore dit leur dernier mot. Surtout qu'ADO a promis de faire la passe au PDCI d'Henri Konan Bédié à la fin de son second mandat. D'ici à 2020, beaucoup d'eau aura coulé sous le pont et la vérité d'aujourd'hui n'est pas forcément celle de demain. L'ancien syndicaliste traqué par le PDCI et devenu aujourd'hui houphouëtiste de circonstance n'a vraiment pas dit son dernier mot !

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