Mali : L'accord de paix d'Alger en berne, que de suspicion entre signataires

Par Gary SLM
Publié le 14 février 2017 à 17:25 | mis à jour le 14 février 2017 à 17:25

L'accord de paix d'Alger peine à s'appliquer sur le terrain, car la confiance n'est pas encore revenue entre les signataires. La CMA, le GATIA et les CSA continuent de se soupçonner et de se regarder en chiens de faïence.

Que d'obstacles à l'application de l'accord de paix d'Alger

L'accord de paix d'Alger pourrait-il s'appliquer un jour au Mali ? Cette interrogation est d'autant plus opportune que les parties signataires continuent d'entretenir une certaine méfiance les unes envers les autres. En effet, la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) reproche au Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (GATIA) et au Comité de suivi de l'accord (CSA) de voies de fait et autres actes répréhensibles (vols, violences) sur les populations civiles dans la région de Ménaka.

Et pourtant, le GATIA et la CSA, groupes armés pro-gouvernementaux, récusent les accusations portées contre eux. Ils reconnaissent certes avoir récupéré des voitures et des motos, mais plutôt avec des combattants d'Ansar Dine. Ils se défendent donc d'avoir commis des exactions sur les populations civiles, ainsi que l'allègue la CMA. Certaines sources confirment cependant, que des populations ont bel et bien été dépossédées de leurs biens.

Eu égard à cette mésentente entre des groupes appelés à travailler au rétablissement de la paix, la cohabitation devient quasi-impossible. Ainsi, les combattants de la CMA qui sont venus sur le site de cantonnement de Tidarmene ont rebroussé chemin sans crier gare. Les groupes pro-Bamako sont donc restés seuls sur ce site qui était pourtant censé accueillir toutes les parties au conflit. De même, les affrontements intercommunautaires qui opposent les Bambaras aux Peuls ne sont pas de nature à rasséréner les populations. L'application de l'accord de paix s'en voit donc éloignée.


Mais les autorités maliennes et la communauté internationale restent engagées à aller à la paix. Car pour elles, c'est le seul gage d'un retour à la normalité et l'amorce du développement au Malibâ.