Côte d'Ivoire : Bredou M'Bia crée un incident au procès Gbagbo à la CPI

L'ancien Directeur général de la police nationale Bredou M'Bia était encore présent à la barre de la CPI ce vendredi. Mais de par sa façon de répondre à l'interrogatoire du procureur, ce dernier l'a vivement interpellé. Ce qui a créé un certain incident à la Cour.

Quand les parties s'empoignent à cause de Bredou M'bia

En prêtant serment devant la chambre de la CPI, l'ex-directeur général de la police ivoirienne avait juré de « dire la vérité, toute la vérité, et rien que la vérité ». Aussi, lors de l'interrogatoire du procureur, l'administrateur général Bredou M'Bia donnait des réponses qui semblaient ne pas convenir au parquet, d'où la confrontation verbale qui s'en est suivie entre les parties.

Voici le verbatim du malentendu qui s'en est suivi.

Le Procureur Mc Donald : « Monsieur le président, je voudrais parler à la chambre, et je crois qu'on peut le faire en présence du témoin. Je peux continuer, comme je suis en train de le faire avec des questions et des réponses. Mais je crois qu'il faudrait rappeler au témoin quel est l'objectif de sa présence ici. Et qu'il s'agit qu'il donne des informations, des faits. J'ai un peu l'impression de me trouver dans la peau d'un dentiste qui essaie d'extraire une dent. Comme si on était également dans un match de tennis. »

Réplique de Me Emmanuel Altit : « Ce n'est pas parce que les réponses que le témoin donne au procureur, que son propre témoin donne au procureur, ne sont pas celles qu'il attend, qu'il faut pour autant mettre le témoin sous pression. Ce n'est pas le but d'un interrogatoire principal. Le témoin donne son témoignage. Il l'a dit à plusieurs reprises, c'est son témoignage. Il faut le respecter. Et il n'y a aucun moyen de contourner ce que dit le témoin. Il y a des moyens procéduraux de lui poser des questions, pour essayer de recouper ce qu'il a pu dire. »

Avant d'ajouter : « Mais il n'y a aucun autre moyen possible, car alors on le mettrait sous pression. Donc il faut rester, me semble-t-il, à ce que la procédure prévoit, et respecter le témoignage du témoin qui sait ce qu'il dit. Et qui l'a répété à plusieurs reprises à votre chambre. »

L'avocat principal de Laurent Gbagbo a été appuyé, par ailleurs, par Me Jean-Serge Gbougnon de la défense de Charles Blé Goudé : « J'aimerais ajouter à ce que vient de dire mon confrère que vous avez, je ne dirai pas presqu'intimé l'ordre, mais vous avez dit au procureur de poser ses questions, d'éviter les commentaires. Et le témoin répondra. Vous avez dit plusieurs fois ici que s'il y a une contradiction quelconque entre la réponse donnée par le témoin et ce qu'il aurait fait comme déclaration auparavant, alors, on lui oppose sa déclaration et on avance. »

Puis il termine : « Mais on ne peut pas accepté que des propos pareils soient tenus envers et contre le témoin. Témoin qui ne fait que répondre aux questions telles qu'elles sont posées. Si on n'est pas satisfait de la réponse, si on pense qu'il y a une autre réponse, alors ont la lui oppose et on avance. Mais on ne peut pas accepter que des propos pareils soient tenus à l'encontre du témoin. »

Réponse du juge président Cuno Tarfusser : « Tout d'abord je rappelle au témoin qu'il est ici pour répondre aux questions en toute vérité. Alors quand vous nous dites que vous avez été à une réunion et vous ne savez ce qu'on y a discuté. Mais, moi aussi j'ai des difficultés à croire que vous n'ayez rien d'autre à ajouter. D'un autre côté, le procureur a, tout comme les autres parties, de confronter le témoin. Surtout quand celui-ci se contredit ou contredit ce qu'il a dit dans sa déclaration ou sa déposition. »

« Donc s'il y a une contradiction, eh bien, amenez cette contradiction. Essayez d'obtenir des informations du témoin sur ce qui est la vérité ou la version qui sera authentique. Mais je voudrais vraiment rappeler au témoin, sans le mettre sous pression, qu'il doit dire la vérité, toute la vérité. Point à la ligne. On parle de faits ici, pas ce que vous pensez. Ce qui s'est passé. D'accord ? »

Après quoi, le procès s'est poursuivi avec l'interrogatoire du bureau du procureur. Le procès a été par ailleurs émaillé d'autres incidents de procédure qui ont obligé le juge président à promettre plus de vigilance. Bredou M'Bia sera interrogé jusqu'en fin de semaine prochaine. Aussi, la défense de Gbagbo et Blé Goudé procéderont également au contre-interrogatoire, après le temps imparti au procureur.

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