Abidjan : L’avocat de Simone Ehivet Gbagbo écœure le parquet général

Par Gary SLM
Publié le 23 février 2017 à 13:52 | mis à jour le 23 février 2017 à 13:52

Depuis la fin de la crise postélectorale, Laurent Gbagbo, sa femme et plusieurs de ses proches sont traqués par la justice ivoirienne et la CPI. L’avocat de Simone Ehivet Gbagbo, Me DADJE Rodrigue ne supporte que peu la démarche qu'il considère aux ordres de la justice ivoirienne et n’a pas manqué de le faire savoir.

Me DADJE Rodrigue, l'avocat de Simone Ehivet Gbagbo dit ses vérités à la justice ivoirienne

Le représentant de l’ancienne première dame de Côte d’Ivoire Mme Simone Ehivet Gbagbo, Me DADJE Rodrigue a déploré « l’échec général du système judiciaire pénal (de Côte d’Ivoire, ndlr) et le manque de volonté du pouvoir ivoirien à réconcilier les ivoiriens par la justice vraie et transparente. »

Cette sortie a visiblement titillé l’orgueil de certains magistrats au parquet général d'Abidjan. L'un d'eux a réagi à cette sortie dans un communiqué dans lequel il s’étonne des propos de Me DADJE Rodrigue, au regard de ses propres responsabilités quant à la crédibilité et à la transparence du système judiciaire pénal ivoirien, en sa qualité d’Avocat inscrit au Barreau de Côte d’Ivoire et donc d’acteur dudit système.

« Le Parquet général tient à indiquer que depuis la fin de la crise postélectorale, l’État de Côte d’Ivoire a consenti d’importants efforts pour restaurer l’autorité de la Justice et la mettre en bon état de fonctionnement, en vue de mettre à la disposition des justiciables un système judiciaire répondant aux exigences d’une justice crédible, accessible, transparente et conforme aux normes internationales. », peut-on lire dans ce communiqué qui oublie toutefois qu’une justice transparente accepte la comparution de témoins réclamés par la défense.

Il faut noter que Me DADJE Rodrigue et son équipe ont souhaité entendre à la barre en qualité de témoins plusieurs personnalités politiques ivoiriennes, dont Guillaume Soro, l’actuel président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire. Cette demande n’a pas été acceptée alors que ce dernier était proche de la fin de son mandat et aurait donc pu être entendue avant sa reconduction.

« Le Parquet général déplore les propos regrettables et récurrents de Maître DADJE Rodrigue sur la Justice ivoirienne, chaque fois que les décisions ou les procédures judiciaires ne vont pas dans le sens qu’il souhaite. », dit encore le Parquet général qui se défend d'être autonomie, ce qui est difficilement vérifiable au regard de certaines de ces décisions.

Le Parquet général se défend d'être une justice aux normes

Pour finir, le dit communiqué « invite en conséquence Maître DADJE Rodrigue, en sa qualité d’Avocat et acteur du système judiciaire ivoirien, à s’abstenir de tous propos tendant à jeter le discrédit sur l’Institution judiciaire. »


Comme son mari Laurent Gbagbo et plusieurs de leurs proches, Mme Simone Ehivet Gbagbo est traquée par la justice qui l’accuse d’avoir commis des crimes graves lors de la crise postélectorale. Cette même justice ferme volontairement les yeux sur des criminels présumés proches de M. Ouattara, président de la Côte d’Ivoire, qui en plus de baigner dans une totale impunité sont nommés à des postes importants.

Amnesty International ne cesse de réclamer à la justice ivoirienne et internationale de juger ces personnes afin de faire justice aux victimes. Ce son de cloche n'a jamais été pris en compte par la justice ivoirienne près de 7 ans après la fin de la crise.



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