Afrique du Sud : Les violences xénophobes s'intensifient à Pretoria

Par Gary SLM
Publié le 24 février 2017 à 12:23 | mis à jour le 24 février 2017 à 12:23

Les violences xénophobes qui secouent actuellement la nation arc-en-ciel préoccupent aussi bien les immigrés que les autorités sud-africaines. La marche contre les étrangers projetée par un collectif d'habitants de la capitale ne serait pas vue de bon oeil selon certains observateurs.

Les autorités sud-africaines impuissantes face aux violences xénophobes ?

C'est à croire que les étrangers ne sont plus les bien venus en Afrique du Sud depuis quelque temps. En effet, les violences xénophobes dirigées contre les Zimbabwéennes, Nigérians et d'autres étrangers ne cessent de s'amplifier. Aussi, c'est la totale indignation de la part de la communauté nigériane qui s'explique mal ce qui leur arrive. Selon Emeka Johnson, représentant de la diaspora nigériane : « Cibler les Nigérians est une injustice et nous ne sommes pas contents. Surtout si on pense à tout ce qu’a fait le Nigeria pour l’Afrique du Sud. Nous avons aidé le pays financièrement, nous nous sommes distancés du gouvernement d’apartheid... »

En dépit des condamnations qui fusent çà et là, les violences n'ont pas pour autant baissé. Ce vendredi, un collectif des habitants de Pretoria entend marcher pour protester contre la présence des étrangers sur leur sol. Même si les autorités rassurent que cette marche se fera sous haute surveillance, cela ne baisse en rien la suspicion et la crainte d'être pris à partie qui gagnent les communautés étrangères. Aussi, certaines organisations humanitaires demandent aux autorités sud-africaines d'interdire ces manifestations qui pourraient engendrer des troubles plus importants. Car celles-ci ne peuvent que « renforcer les attitudes xénophobes et les attaques contre les étrangers ».


Notons que les raisons généralement évoquées par les auteurs de tels actes pour justifier leur xénophobie tiennent au fait que les populations étrangères leur voleraient leur travail, ou encore elles seraient des trafiquantes de drogues, des criminelles ou encourageraient la prostitution. Le gouvernement a promis d'y prêter une attention particulière et de mieux règlementer l'immigration et l'emploi en Afrique du Sud. De même, plusieurs observateurs comprennent mal qu'un pays qui a connu l'apartheid, ce système de ségrégation raciale agisse encore de la sorte.