Mali : Les patrouilles mixtes démarrent sur fond de suspicion et de méfiance

Par Gary SLM
Publié le 24 février 2017 à 13:57 | mis à jour le 24 février 2017 à 13:57

Les patrouilles mixtes tant attendues ont officiellement démarré ce jeudi 23 février dans la région de Gao. Les soldats maliens ainsi que les ex-miliciens de la Plateforme (pro-Bamako) et les ex-rebelles de la CMA patrouillent maintenant ensemble.

Les patrouilles mixtes, un succès sans faille ?

Mettre d'anciens ennemis ensemble pour fumer le calumet de la paix et oeuvrer à la normalité n'est pas chose aisée. Et pourtant, ce défi a été relevé par le Mécanisme opérationnel de coordination (MOC) en lançant depuis hier, les patrouilles mixtes. Ainsi que le reconnait le général de division Amadou Kane : « Il y a peu, les patrouilles mixtes étaient considérées par beaucoup d’observateurs comme une gageure à tenir. » Avant d'ajouter : « Aujourd’hui elles sont devenues une réalité. »

Aussi, les militaires maliens, les combattants du Groupe d'autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia, pro-Bamako) ainsi que ceux de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA, ex-rebelles), dans la même tenue et dans les mêmes véhicules pick-up, ils se sont dirigés vers le centre de Gao avec leurs armes. Les patrouilles ont ainsi commencé et vont assurément s'étendre à d'autres régions du pays jusqu'à la formation d'une armée unique.

En dépit des méfiances et autres suspicions de départ, les hommes composant ces patrouilles se réjouissent de travailler ensemble. « Non, il n’est pas question de l’armée malienne, ni de la plateforme, ni de la CMA. C’est le drapeau national qui se présente aujourd’hui. » « Ça prouve qu’on va vers la paix. » « Oui, Inch’Allah ! On est en route quand même. » Voici autant de réactions qui attestent que le Mali est en train d'entrer dans une nouvelle ère. Plusieurs observateurs espèrent cependant qu'aucun obstacle ne viendrait perturber cette bonne dynamique dans l'application de l'accord de paix d'Alger.


Par ailleurs, les autorités maliennes, la Minusma et les forces françaises de Barkhane travaillent au suivi de ces patrouilles. Surtout que de récentes divergences avaient opposé ces groupes. De même, sur le terrain, il n'est pas à exclure que des ennemis de la paix veuillent saboter tous ces efforts. Voilà pourquoi d'aucuns préconisent une vigilance accrue.