Burkina Faso: Malade, Djibrill Bassolé envoyé à la clinique du coeur

Par Gary SLM
Publié le 28 février 2017 à 08:01 | mis à jour le 28 février 2017 à 08:01

Djibrill Bassolé a été admis dans une clinique à Ouaga pour y bénéficier de soins médicaux. Auteur présumé d’une conversation téléphonique accablante avec M. Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, lors du Coup d’État manqué contre les autorités de la transition au Burkina Faso, l’ancien ministre des Affaires étrangères de Blaise Compaoré est mal en point.

Djibrill Bassolé, les demandes excessives des proches

Djibril Bassolé a la santé fragile et cela vient de se vérifier une nouvelle fois. Ses proches exigent sa libération conditionnelle afin qu’il puisse se traiter convenablement pour sauver sa vie. Seulement, Ouaga n’a pas confiance et refuse de prendre le risque de le voir prendre la fuite comme son parrain Blaise Compaoré, réfugié en Côte d’Ivoire où il est devenu ivoirien, puis au Togo récemment.

Djibrill Bassolé a d’abord été victime d’une alerte le 23 janvier 2017, date à laquelle il avait été transféré à la clinique du coeur pour des soins. Début février, il devait aller à un rendez-vous avec les docteurs, mais n’a pu s’y rendre faute d’autorisation de la hiérarchie militaire. Son état de santé s’est donc dégradé avec une nouvelle crise ce samedi 25 février. Affaibli par la maladie, il a été finalement autorisé à aller voir son docteur dans cette clinique pour ensuite retourner dans sa cellule.

Ses proches exigent son « évacuation à l’étranger », « la cessation de l’instruction menée contre » lui et sa « libération totale ». Les autorités burkinabés ne devraient évidemment pas accéder à ces demandes. Il faut savoir que le prévenu était une haute personnalité dans son pays. Très proche de l’ancien dictateur Blaise Compaoré, ils ne se sont jamais souciés de doter leur pays d’infrastructures sanitaires adéquates durant plus de 27 ans de pouvoir.

De plus, les faits qui sont rapprochés à Djibrill Bassolé sont d’une telle gravité que sa libération serait mal vue par le peuple burkinabé. Son départ du pays, même pour des soins, serait un risque inconsidéré pris par les autorités. Cet homme accusé d’avoir tenté de renverser le pouvoir dans son pays pourrait se relancer dans cette même manoeuvre contre le régime du président Roch Marc Christian Kaboré une fois loin du pays.