France : Pourquoi l’élection de Marine Le Pen serait une chance pour l’ Afrique

Par Gary SLM
Publié le 24 avril 2017 à 10:08 | mis à jour le 24 avril 2017 à 10:08

La France politique va entrer en campagne bientôt pour la présidentielle 2017. Marine Le Pen, la candidate du FN pourrait être celle de l’ Afrique pour ce scrutin et les chances de la voir l’emporter sont de plus en plus grandes.

Marine Le Pen veut une Afrique responsable, les Africains aussi

Marine Le Pen est la seule des trois stars de la politique française à être en lice dans la course pour l’élection du président de la République. Elle a devant elle tout un boulevard qui mène tout droit à l’Élysée malgré les affaires de son garde du corps qui devient par moment son attaché parlementaire... Selon les sondages, elle pourrait remplacer le trop normal président François Hollande. Monsieur « Moi président…» ne compte pas briguer un second mandat et il a peut-être raison au regard de son bilan.

Marine Le Pen a toujours été présentée comme l’ennemie des Africains. Son crime, c’est de dire tout haut ce que font déjà les autres politiciens langagierement docile avec l’Afrique, mais qui dans le fond sont de vrais tortionnaires. De François Mitterrand qui se voulait un ami de l’Afrique à Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et aujourd’hui François Hollande, le berceau de l’humanité n’a cessé de se faire duper par ces petits malins qui lui promettent monts et merveilles avant d’accéder au pouvoir. Mais une fois aux commandes de notre chère France, ils ne se soucient plus des Africains et de ce qu’ils veulent vraiment.

Avec les gouvernements UMP-PS, la liberté prise par les politiciens français avec l’Afrique est restée la même. Que ce soit la déstabilisation des pays ou la circulation des mallettes d’argent entre dirigeants africains et français, rien n’a changé. La plus grosse arnaque dans les promesses faites par un politicien français à l’Afrique reste tout de même celle d’un certain Nicolas Sarkozy.

L'Afrique refuse d'être le bouclier anti-Le Pen en 2017

« Avec moi, c’est la fin de la France-Afrique », dit Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa avant de parachever le coup d’État entamé par son prédécesseur Jacques Chirac en Côte d’Ivoire. Alors qu’il avait promis qu’il n’y aurait plus de diplomatie officine sur le continent, ce dernier, cité dans plusieurs affaires d’argent pas très propre, s’est révélé être une grosse plaie pour le continent. Sarközy a fait tuer le colonel Mouammar Kadhafi à la face du monde sans que personne ne bouge le petit doigt. La Libye est depuis devenu un véritable champ de ruines.

Et puis est venu au pouvoir un président normal, M. François Hollande. Si son apparence douce laisse penser à un homme plus raisonnable comparé au turbulent Nicolas Sarkozy, il n’aura pas marqué l’Afrique même s’il est peut-être le moins impliqué des quatre derniers présidents français dans des affaires pas très claires sur le continent.

De la droite à la gauche, chaque camp a su s’offrir l’immense vote des Franco-Africains en brandissant le danger que représenterait pour eux une élection de Marine Le Pen et avant elle celle de son son père. Cette peur qu’ils n’aient crainte, les Africains sont décidés à la braver cette année puisqu’ils souhaitent pour beaucoup l’élection de la fille de son père. Perdu avec UMP-PS ou perdu avec Marine, c'est perdu pareil.

À ce jour, Marine Le Pen est la seule qui reconnait qu’il faut arrêter d’infantiliser l’Afrique et ses dirigeants en s’immisçant sans cesse dans leurs affaires. Pour elle, le FCFA doit cesser d’exister puisqu’on n'est plus dans la colonisation. Elle va sans doute retourner à l’Afrique ses milliers d’enfants sans papiers qui, selon elle, volent le boulot de ses compatriotes, mais tout observateur avisé sait que la France y perdrait et pas qu'un peu.

Cependant, une telle décision ne ferait qu’accélérer la mort du FCFA puisque la France ne peut ramener à l’Afrique ses problèmes en plus de la priver de la gestion de ses ressources. L’ambassadeur de France au Sénégal a clairement indiqué que son pays n’avait aucune intention de se désengager de cette monnaie. Peut-être qu'un changement radical à la tête de ce pays pourra favoriser son abandon de cette monnaie qui fait vivre aux anciennes colonies un véritable drame.

Marine Le Pen sera-t-elle vraiment différente des autres ?

Marine Le Pen fait aussi la promesse de ne protéger aucun dictateur africain. Mieux, aucun d'entre eux ne viendra se soigner en France sous son régime. Ainsi, ils vont investir dans des infrastructures en Afrique pour se soigner et leurs compatriotes avec. Pour elle, les bases militaires françaises sur le continent ne sont plus possibles. Elle est donc pour le retour des différents contingents en France, une logique de réciprocité qui plait à plus d’un titre en Afrique. Pour tout Africain souhaitant une indépendance totale, l’arrivée de Marine Le Pen à l’Élysée a plus de bons que de mauvais points.

Que ce soit Alain Juppé, François Fillon, Emanuel Macron ou même le gentillet Benoit Hamon, ils jouent tous contre l’Afrique en tenant un discours volontairement ambigu sur les reformes réclamés par les fils du continent. Aucun de ses dirigeants ne dit clairement qu’il mettra fin à l’arrêt de l’interventionnisme français en Afrique, du FCFA, et de l’influence grossière et dérangeante de ses réseaux hommes d’affaires.

La candidate FN a fait un certain nombre de promesses sur des sujets qui tiennent à coeur en Afrique. Même si sa constance sur ces questions ces 15 dernières années inspire confiance, le continent tout entier se presse de la voir à l'épreuve du pouvoir avant de la juger.



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