Pourquoi célèbre t-on le 8 mars, les femmes du monde entier ????

Par Gary SLM
Publié le 08 mars 2017 à 14:37 | mis à jour le 08 mars 2017 à 14:37

Dans les Saintes Écritures, la femme est simultanément présentée comme la cause du péché originel (la faute commise par Ève) et celle du salut de l’humanité (la maternité de la Vierge Marie). Cette double image ainsi présentée d’elle a participé à entretenir dans le tissu social, depuis le commencement jusqu’à aujourd’hui, des discriminations à son égard.

Sylvia APATA, la femme qui vous parle des femmes

En effet, dans l’antiquité Grecque, la femme était déclarée « mineure » vis-à-vis de la loi (elle ne possédait aucun droit civique). Cela était dû au fait que pour le Législateur grec ou romain, sa faiblesse d’esprit (imbecillitas mentis à Rome) légitimait ses incapacités juridiques : c’est l’homme qui possède la puissance paternelle (patria potestas). De même, elle ne pouvait participer à la vie de la cité. D’où la qualification de « Sexe faible ». À cela s’ajoutait qu’elle était contrainte de se taire dans les assemblées, la preuve : le refus de son immixtion dans les affaires politiques. D’ailleurs, avant les XVIIE-XVIIIE siècles, rares sont les femmes qui prennent effectivement la parole ou la plume. À l’exception de Hildegard von Bingen, Marie de France, Christine de Pisan ou Louise Labé qui défendaient néanmoins bien souvent les valeurs culturelles médiévales, lesquelles étaient essentiellement masculines. Également, la femme, biologiquement prédestinée à la procréation se voyait s’astreindre ce seul rôle : ÊTRE UNE BONNE ÉPOUSE ET UNE BONNE MÈRE. Ainsi, Privée de droits, elle devait donc rester dans la maison et se préparer dès l’enfance à assurer ses fonctions domestiques. C’est au sein du foyer qu’elle a un rôle à tenir, en premier lieu celui de servir son mari, d’être une épouse modèle en second lieu.

Puis à partir de 1425, certaines femmes commencèrent à révolutionner leurs pays, au-delà le monde. Nous en voulons pour preuve : Jeanne d'Arc (1412-1431), dite la Pucelle d'Orléans, héroïne nationale et Sainte Patronne de la France, qui a uni la nation française à un moment critique de son histoire et fait tourner la guerre de Cent Ans à l'avantage de la France. En 1791, Olympe de Gouges réclamait la reconnaissance de la citoyenneté des femmes dans sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, inspirée de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. En Angleterre, Mary Wollstonecraft exigeait l'égalité entre les sexes et signa, avec A Vindication of the Rights of Woman (Défense des droits de la femme, 1792), un ouvrage déterminant pour le développement du mouvement féministe à venir. Les femmes commencèrent alors à affirmer l’égalité des individus, à participer activement aux différents combats pour la libération de la France. Elles commencèrent donc à lutter pour la reconnaissance de leurs droits civils. Mais l'adoption, en 1804, du Code Napoléon consacrait toujours l’incapacité juridique de la femme.

Naissance du premier mouvement féministe pour défendre les droits des femmes

C'est finalement au XIXe siècle, à la faveur des révolutions de 1830 et de 1848, que naquit véritablement un mouvement féministe militant revendiquant des droits éducatifs, économiques et politiques. En outre, la révolution industrielle de 1789, en donnant aux femmes une certaine indépendance économique par le travail salarié, contribuait à créer en Europe un climat favorable au développement du féminisme (mouvement militant visant à accroître le rôle et les droits des femmes dans la société). La réaction conservatrice qui suit cette période vient ainsi porter un coup d’arrêt à l’évolution de la condition sociale et juridique des femmes.

Aux États-Unis et en Grande-Bretagne, le féminisme était plus réformateur que révolutionnaire. Pour la première fois en 1848 à New York, une convention pour les droits de la femme s’était tenue à Seneca Falls. Elle réunissait une centaine de personnes, dont l'abolitionniste Lucretia Mott et la féministe Elizabeth Cady Stanton, qui revendiquèrent l'égalité des droits, dont le droit de vote.

Les combats menés au cours du XIXe siècle en faveur de l’égalité entre les sexes aboutissaient partout en Europe à la reconnaissance d’un certain nombre de droits aux femmes, en matière éducative et civile notamment. En France, la loi Falloux votée en 1850 oblige les communes de plus de 500 habitants à ouvrir une école primaire de filles et, à partir de 1925, filles et garçons se voient dispenser les mêmes enseignements. En 1907, une loi permettait à la femme de disposer librement de son salaire. Dans d’autres pays d’Europe, plus particulièrement en Angleterre et dans les pays nordiques, le droit des femmes à disposer librement de leurs biens constituait l’une des premières victoires des féministes. En Angleterre, par exemple, la femme mariée pouvait, dès 1882, être propriétaire et disposer librement de son salaire.

Le droit de vote des femmes

À l’aube donc du XXe Siècle, la revendication pour le vote des femmes, tremplin nécessaire pour accéder aux centres de décision politique, constituait l’une des principales causes de mobilisation des femmes, comme en témoignait la création en 1904 de l’Alliance internationale pour le suffrage des femmes. Il s’agissait aussi de l’une des revendications qui rencontrèrent le plus de résistance en raison de ses implications sur l’ordre patriarcal en vigueur : la participation des femmes à la vie publique, considérée comme une menace pour le foyer et la famille.

Si c’était aux États-Unis que se développa le mouvement moderne de revendication pour l’extension du droit de vote aux femmes (l’État du Wyoming accorda le droit de vote aux femmes dès 1869), ce fût en Grande-Bretagne que la lutte prisse sa forme la plus radicale et spectaculaire, avec le combat, parfois violent, d’Emmeline Pankhurst et de ses suffragettes. Malgré la mobilisation de masse, l'émancipation politique et l'intégration comme citoyens « de première catégorie » dans les sociétés démocratiques ne seront acquises qu’après de longues années de lutte.

À la suite donc de la reconnaissance des droits civils et politiques et des droits économiques, sociaux et culturels à la femme, plusieurs d’entre elles ont impacté et révolutionné l’histoire de l’humanité. Ce sont entre autres :

- ROSA PARKS, La Femme qui s’est tenue debout en restant assise aux États-Unis dans l’État de l’Alabama à Montgomery. Une figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis, engagée aux côtés de Martin Luther King. Elle refusa de céder sa place à un blanc le 1er décembre 1955.

- BESSIE COLEMAN (1892- 1926) : Première femme noire aviatrice au monde. Aucun instructeur américain (blanc ou noir) ne voulant enseigner à une femme noire, elle a décidé d’émigrer en France où elle put enfin obtenir la formation souhaitée.

- ADA LOVELACE, pionnière de la science informatique.

- VERA RUBIN, doyenne de la matière noire. Une astronome qui a osé affronter un monde d’hommes pour aller jusqu’au bout de ses idées.

- MAE JEMISON, première femme astronome afro-américaine

- KATHRINE SWITZER, l’avant-coureuse, écrivaine américaine et commentatrice de télévision, Kathrine est surtout célèbre pour avoir été la première femme à courir le marathon de Boston.

- ROSALIND E. FRANKLIN, une contribution majeure aux rayons X. Elle est une microbiologiste britannique qui a participé de manière déterminante à la découverte de l’ADN.


- WANGARI MUTA MAATHAI : Militante écologiste et du droit des femmes. Prix Nobel de la paix en 2004.

De ce fait, pour tous ces exploits qu’ont réalisés les femmes et qu’elles réalisent encore aujourd’hui, l’ONU a jugé important de dédier une journée à la célébration des droits de la Femme dans le monde entier. Aujourd’hui plus que jamais, à toi la Femme battante, courageuse, déterminée ; Toi la Femme qui subit les pires formes d’atteintes à ton intégrité physique et morale (Viol, Mutilations Génitales Féminines), mise à l’écart dans les successions, etc., le monde se souvient de toi.

Alors à ceux qui ont la fâcheuse manière de dire « A quoi sert la journée du 08 Mars vu qu’on célèbre les femmes le 14 février et la Fête des mères ? » : je vous répondrais que le 14 février est la célébration de l’amour. La Fête des Mères est la célébration des Mamans, pas des femmes. Par contre le 08 mars, c’est la célébration et la reconnaissance des droits de ta femme, de ta mère, de ta fille, de ta sœur, cousine et nièce !

BONNE FÊTE A TOUTES LES FEMMES DE LA CÔTE D’IVOIRE ET DU MONDE ENTIER !

Sylvia APATA,

Experte en Droits de l’Homme et Action Humanitaire.

E-mail :[email protected]



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