Génocide rwandais : Face à Kagame, le pape François demande "pardon" au nom de l'Église

La visite inédite de Paul Kagame au Vatican, ce lundi, a été courte, mais regorge d'énormes symboles très évocateurs. Durant la vingtaine de minutes d'entrevue avec le président rwandais, le pape François a imploré le pardon de Dieu pour le génocide rwandais.

Le pape François - Paul Kagame, le rendez-vous du mea-culpa

La visite officielle qui a conduit Paul Kagame au Vatican est d'autant plus riche qu'elle marquera à jamais les esprits. En effet, c'est la toute première fois que le président rwandais se rend au Saint-Siège, depuis son accession au pouvoir. Mais bien avant de répondre à l'invitation du pape François, le président rwandais exigeait d'ores et déjà du Vatican des excuses pour le rôle joué par l'Église lors du génocide des Tutsis au Rwanda.

Même si le souverain pontife ne s'est pas exécuté directement, il a cependant produit un communiqué, formulant un mea-culpa. Dans ce communiqué, le Saint-Père a « imploré à nouveau le pardon de Dieu pour les péchés et manquements de l’Église et de ses membres ». Il a par ailleurs exprimé « sa profonde tristesse, et celle du Saint-Siège et de l’Église, pour le génocide perpétré contre les Tutsis ». Avant de réitérer « sa solidarité envers les victimes et ceux qui continuent à souffrir des conséquences de ces tragiques évènements ».

Le pape emboite ainsi le pas à l’évêque Philippe Rukamba, président de la Commission épiscopale rwandaise. Ce dernier avait présenté au nom du clergé, le 16 novembre 2016, le pardon pour des individus qui seraient impliqués dans la tragédie qui a secoué le pays des mille collines. Même s'il continue de soutenir que « l’Église n’a pas participé au génocide ».

Notons que le génocide rwandais s'est déclenché le 6 avril 1994, après le crash de l'avion de Juvenal Habyarimana. À cette époque, certains groupes à l'intérieur des Églises avaient effectivement pris part au génocide. Plusieurs de ces personnes sont déjà passées en procès devant la justice nationale ou même le TPIR. D'autres ont tout de même été relâchés. Le mea-culpa du pape pourrait donc avoir son pesant d'or dans le jugement de plusieurs autres prévenus.