Côte d'Ivoire : Sam l'Africain lâché par la communauté libanaise.

Arrêté le 11 mars 2017 pour avoir tenu des propos soi-disant "xénophobes" et incitant à la "révolte", Sam l'Africain ne pourra compter sur le lobbying de la communauté libanaise de Côte d’Ivoire. Celle-ci a produit un communiqué dans lequel elle apporte son soutien total au président de la République, tout en se désolidarisant de l’homme d’affaires et politicien ivoirien d'origine libanaise.

Sam l'Africain un peu plus seul face aux séducteurs de Ouattara.

Alors que Sam l'Africain est détenu à la MACA pour des raisons peu évidentes, la communauté libanaise de Côte d'Ivoire décide de l’abandonner. Une déclaration de celle-ci marque sa prise de distance avec le président de la NACIP en des termes très clairs. « La Communauté libanaise condamne fermement les propos de Sam Jichi, dit « Sam l’Africain » avec la dernière énergie », dit le communiqué signé de M. Attié Yéya Nayef, Président de la Communauté libanaise de San Pedro et Vice-Président national de la communauté libanaise de Côte d’Ivoire.

Ce dernier rajoute : « Nous tenons, au nom de la Communauté libanaise de Côte d’Ivoire, à exprimer notre soutien total au Président de la Côte d’Ivoire et à son gouvernement.»

Mais que pouvait réellement attendre Sam l'Africain d'une communauté qui, on le sait, est majoritairement composée d'hommes d'affaires ? Quel investisseur voudrait avoir des problèmes avec le gouvernement du pays où il prospère ? Sam l’Africain qui n’est de toute façon pas communautariste - son épouse est ivoirienne d’origine - n’a plus qu’à compter sur la lucidité de la justice de son pays pour le sortir de la MACA. Le Procureur de la République de Côte d’Ivoire lui reproche d’avoir tenu des propos graves, ce que ne confirment pourtant pas les paroles de l’intéressé dans la vidéo de son dernier meeting de Yopougon, commune où il a échoué aux dernières élections législatives malgré le soutien du FPI (Affi N’Guessan).

Sam l’Africain, une victime devenue le bourreau

« Si je suis Libanais, c’est que Ouattara est Burkinabé », répondait Sam à ceux qui veulent le réduire au silence dans la politique ivoirienne à cause de ses origines libanaises. Selon ses avocats, il sera entendu par la justice le 31 mars.

Ce procès a tout d’une démarche fantaisiste des représentants de la justice ivoirienne qui pensent rendre service au président Ouattara. Cette énième arrestation d’opposants ivoiriens fait suite à celle plus récente de 6 journalistes à qui il était reproché d’avoir divulgué un dossier (pas du tout, ndlr) confidentiel. Ces procédures donnent de la Côte d’Ivoire une image d’un pays dirigé par un dictateur. Dans le cas des 6 journalistes arrêtés puis relâchés par le même procureur M. Adou Richard, plusieurs médias nationaux et internationaux s’étaient mobilisés pour dénoncer l’attitude du Procureur. Dans le cas de Sam l’Africain, très peu de médias évoquent le sujet malgré l’opposition de plusieurs politiciens, dont des membres du RDR.

Pour eux, les dernières actions du procureur provoquent des interrogations. De façon subtile, M. Adou Richard saboterait, pour certains, l’image du président Ouattara. Le procureur ferme les yeux sur des cas plus sérieux de gaspillage de l’argent public, notamment à la PETROCI où le DG engage des dépenses folles. Alors que l’État ivoirien limite le prix des véhicules de ses DG à 45 millions, M. Diaby Ibrahim n’a pas hésité à claquer 78,9 millions de FCFA dans l’achat d’une BMW aux yeux et à la barbe de la justice ivoirienne.