RDC : Face à l'impasse du dialogue politique, la Cenco claque la porte

Par Gary SLM
Publié le 28 mars 2017 à 11:12 | mis à jour le 28 mars 2017 à 11:12

Le clergé congolais semble pris dans l'étau du pouvoir et de l'opposition en RDC. Après avoir initié une médiation qui a abouti à la signature d'un accord politique, la Cenco décide de se retirer. Cette décision est consécutive à la mauvaise foi présumée des acteurs politiques.

La Cenco se retire, la vie politique congolaise en berne

C'est le moins que l'on puisse dire, l'application de l'accord de la Saint Sylvestre peine à se concrétiser. Le pouvoir et l'opposition ne cessent de se rejeter la responsabilité de ce blocage. Et pourtant, le Premier ministre de transition qui doit en principe être issu du Rassemblement n'a pas encore été nommé. De même, le nouveau président du Conseil national de suivi de l'accord de la Saint Sylvestre (CNSA) qui devait être désigné, en remplacement d'Étienne Tshisékédi, le défunt président de l'UDPS, ne l'a pas encore été.

Ainsi, face à cette impasse qui dure maintenant environ trois moins, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) décide d'en tirer les conséquences. Monseigneur Marcel Utembi qui en est le président est donc monté au créneau, hier, pour exprimer toute sa déception : « Au terme de ce deuxième round des négociations politiques directes, les résultats obtenus sont loin de satisfaire les attentes de la population, dont la situation économique et sécuritaire devient de plus en plus préoccupante. » C'est donc sans surprise que les médiateurs de la Cenco ont mis fin à leurs bons offices.

Pour la majorité présidentielle, ce blocage vient du fait que l'opposition entend imposer une personnalité au président. Alors que la Constitution congolaise indique qu'il s'agit d'un pouvoir discrétionnaire. Cependant, les membres du Rassemblement indiquent que le président Joseph Kabila est au terme de son mandat. Et donc c'est en vertu d'un arrangement politique qu'il est maintenu à son poste. La nomination du locataire de la primature devrait donc se faire dans l'esprit de l'accord.


Valentin Mubake, l'un des fidèles compagnons de Tshisékédi, reste toutefois optimiste : « On est loin d'un échec. Il reste deux points. Les évêques ont fait des propositions sur ces deux points. Ils s'en remettent à l'implication du Chef de l'État pour arriver à l'application de l'accord de la Saint Sylvestre. »