Côte d'Ivoire : L'acquittement de Mme Gbagbo, une fuite en avant du régime selon HRW

Par Gary SLM
Publié le 29 mars 2017 à 17:49 | mis à jour le 29 mars 2017 à 17:49

Le verdict de la cour d'Assises acquittant Mme Gbagbo de crimes de guerre et crimes contre l'humanité est diversement interprété. Pour HRW, il s'agirait d'une fuite en avant, car plusieurs questions ont été laissées en suspens.

HRW s'interroge sur l'acquittement de Mme Gbagbo

Le jury de la cour d'Assises d'Abidjan s'est prononcé en faveur de la non-culpabilité de Simone Gbagbo. Cette décision judiciaire qui devait contribuer à la décrispation en Côte d'Ivoire est cependant vue d'un autre oeil. En effet, Human Rights Watch (HRW) a exprimé toute son inquiétude quant à cet acquittement.

Pour Param-Preet Singh qui en est la directrice adjointe du Programme Justice internationale : « L’acquittement de Simone Gbagbo pour crimes contre l’humanité dément les nombreuses irrégularités qui ont entaché le procès. Ce qui laisse de graves questions sans réponse concernant son rôle présumé dans les crimes brutaux perpétrés pendant la crise postélectorale de 2010-2011. »

Pour la représentante de cette ONG internationale, les enquêtes portant sur les faits allégués étaient peu approfondies. De même, en dépit de la gravité des chefs d'accusation, cette organisation déplore le fait que la lanterne des observateurs n'a pas été suffisamment éclairée au sujet de la crise postélectorale. Surtout que les mêmes faits sont actuellement pendants au procès Gbagbo et Blé Goudé devant la CPI à La Haye.

Elle indique par ailleurs que l'absence de poursuite contre les pro-Ouattara s'apparente à un déni de justice. « L’absence de procès contre les commandants pro-Ouattara pour les abus dévastateurs pendant la crise postélectorale jette un doute sur l’engagement du gouvernement en faveur d’une justice impartiale », a-t-elle conclu. Avant de préciser : « L’enquête de la CPI en cours sur les crimes perpétrés par le camp Ouattara reste essentielle. Car les personnes les plus responsables ne doivent pas échapper à la justice. »


Tous les regards sont donc tournés vers les autorités ivoiriennes pour savoir ce qu'il adviendra de ces Com'zones. Une enquête indépendante commanditée par le gouvernement ivoirien les avait déjà épinglés. Mais le président Alassane Ouattara avait indiqué qu'il n'enverrait plus aucun Ivoirien devant la CPI.