CIV : Même sans preuve, le procureur requiert la prison à vie contre Dogbo Blé

Par Gary SLM
Publié le 12 avril 2017 à 13:50 | mis à jour le 12 avril 2017 à 13:50

Durant son long réquisitoire d'hier, le procureur a demandé la prison à vie pour Dogbo Blé et quatre de ses coaccusés. Pour l'avocat général près la cour d'Assises, la responsabilité de l'ex-commandant de la Garde républicaine est indéniablement établie. Quand bien même certains observateurs dénoncent une absence de preuves formelles.

Le général Dogbo Blé coupable dans l'affaire du rapt du Novotel ?

Le procès en Assises du général Brunot Dogbo Blé pour enlèvement, séquestration et assassinat des Français Stéphane Frantz Di Rippel, directeur de l’hôtel Novotel d’Abidjan, Yves Lambelin, directeur général de Sifca, de ses assistants béninois Raoul Adeossi et Malaisien Chelliah Pandian, tire à sa fin. En effet, débuté fin janvier, l'heure est aux réquisitoires. À cette occasion, le procureur Souleymane Koné s'est voulu très formel lors de son réquisitoire : « Oui, il y a bien eu arrestation illégale des quatre disparus du Novotel. Oui, il y a bien eu séquestration, tortures mortelles et volonté de faire disparaître les corps. » Avant d'ajouter : « Le général Dogbo Blé a bien fait quelque chose. C'est vrai qu'il est resté passif, mais c'est la tête de pont, c'est quand même le général. Et, tant qu'il ne parle pas, les autres ne parleront pas. »

Ce réquisitoire a cependant fait réagir plusieurs observateurs quant à la responsabilité réelle ou supposée de Dogbo Blé dans l'affaire. Selon eux, à entendre l'avocat général, la cour n'a véritablement pas pu établir formellement l'implication du principal accusé. Car aucune preuve l'incriminant directement n'a été produite tout au long du procès. Ce n'est seulement que sa fonction exercée au moment des faits qui est mis en avant pour demander sa condamnation.


Quatre autres accusés pourraient finir leur vie derrière les barreaux, selon le réquisitoire de l'avocat général. Il s'agit des Colonels Aby Jean et Ohou Modi, du Commissaire Osée Loguet ainsi que du milicien Joël Guéhi Bleka. Pour Tapéko Max Landry qui a avoué avoir massacré Yves Lambelin et ses amis, le procureur requiert dix ans d'emprisonnement. Quant aux quatre autres prévenus, le chef du parquet demande leur relaxe, car n'étant que de simples exécutants. Les plaidoiries se poursuivent ce mercredi avec l'intervention des avocats de la défense.