Côte d'Ivoire - Disparus du Novotel : Bruno Dogbo Blé condamné à 18 ans de prison !

Par Gary SLM
Publié le 14 avril 2017 à 03:37 | mis à jour le 14 avril 2017 à 03:37

Le verdict est tombé dans le procès dit des Disparus du Novotel d’Abidjan (Côte d’Ivoire). Bruno Dogbo Blé a écopé de 18 ans de prison pour enlèvement et meurtre de Yves Lambelin et ses trois compagnons.

Dogbo Blé de nouveau condamné

Certains verront dans ce procès une poursuite de la justice des vainqueurs en Côte d’Ivoire avec la nouvelle condamnation du Général Bruno Dogbo Blé. L’ancien patron de la Garde républicaine a écopé de 18 ans d’emprisonnement pour son rôle supposé dans l’enlèvement et les meurtres de 4 personnes lors de la crise poste-électorale, dont deux Français, Yves Lambelin (ex-directeur général de Sifca) et Stéphane Frantz Di Rippel.

Outre le Général Dogbo Blé, le commissaire Osée Loguey a été condamné à 20 ans de prison pour avoir achevé, selon l’accusation, un des deux Français. Les colonels Jean Aby et Leopold Okou Mody sont également condamnés à 18 ans de prison. Deux membres du commando qui est supposé avoir mené l’expédition ont respectivement écopé de peines de 10 ans et 6 ans de prison. Quatre autres accusés dans cette même affaire ont été acquittés.

Le 4 avril 2011, alors que l’armée française bombardait la résidence présidentielle dans laquelle étaient retranchés Laurent Gbagbo, l’ex-président, sa famille et plusieurs civiles, un commando armé aurait traversé la ville pour aller chercher au Novotel 4 personnes, dont deux Français pour ensuite les assassiner.

De ces autres disparus, seul le corps d’ Yves Lambelin avait été identifié. Le problème avec ce français, c'est qu'il était le seul grand patron d’une entreprise française à désobéir à la consigne de Paris de couper les vivres au président Laurent Gbagbo, son grand ami. Il avait même demandé aux autres patrons exerçant sur place en Côte d’Ivoire de payer leurs impôts au président Laurent Gbagbo, contesté alors par sa rivale Alassane Ouattara, installé au pouvoir par la suite après son arrestation et son emprisonnement.

Bientôt le tour des proches de Ouattara ?

Ce procès est donc loin d’avoir fait la lumière sur cette affaire puisqu’il plane encore beaucoup de zones d’ombre sur le motif de ces assassinats. De plus, selon le général Bruno Dogbo Blé, c’est l’armée française qui gardait l’hôtel dans lequel ont été enlevées ces 4 personnes. Il avait même demandé la comparution de l’ancien ambassadeur de France, M. Jean-Marc Simon, lequel se comportait, selon ses mots, comme un chef de guerre à Abidjan.


Maintenant que ce procès a pris fin, les Ivoiriens attendent de la même justice qui s’est acharnée ces dernières années sur les proches de Laurent Gbagbo qu’elle s’intéresse aux personnes proches du président Alassane Ouattara. Certains anciens chefs de guerre nommés à des postes de responsabilités par lui sont accusés d'avoir commis des crimes de masse dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, notamment dans la localité de Guitrozon où des centaines de personnes (des femmes et des enfants) ont été massacrées, certains brulés vifs.