Guinée : Alpha Condé, nouveau combattant de la dignité africaine

Par Gary SLM
Publié le 14 avril 2017 à 18:14 | mis à jour le 14 avril 2017 à 18:14

Les dernières sorties diplomatiques d'Alpha Condé ont laissé entrevoir l'âme d'un combattant de la dignité africaine. De Banjul à Rabat, en passant par Addis-Abeba, Abidjan ou même Paris, le président guinéen a fait des discours mémorables.

Quand Alpha Condé prend la relève des pères fondateurs

Il ne fait l'ombre d'aucun doute que l'Afrique et les Africains aspirent à une réelle indépendance. Même si les gouvernants et autres diplomates en font encore un tabou, cette aspiration profonde est réelle. Ainsi, Alpha Condé a décidé de crever l'abcès en mettant les pieds dans les plats. En effet, le nouveau président de l'Union africaine n'a nullement la langue dans la poche. Il exprime librement ses convictions, sans se soucier outre mesure des différents protocoles politico-diplomatiques qui ont longtemps plombé les relations de l'Afrique avec la France.

Lors du de la Conférence internationale sur l'émergence de l'Afrique (CIEA) le président guinéen a appelé ses pairs à « couper le cordon ombilical avec la France ». Aussi, ne croyait-il pas si bien dire que le président Alassane Ouattara, hôte de la cérémonie, a jugé bon de le reprendre : « J'ai oublié de dire à mon frère Alpha que nous étions en direct. » Mais, fidèle à sa conviction, le président Condé a répliqué : « Mon frère Alassane, moi, j'assume ce que je dis. »

Les discours historiques d'Alpha Condé en france

Bien entendu, il a assumé jusqu'au bout. Car lors de sa visite d'État en France, l'universitaire socialiste a encore remis les couverts devant François Hollande, président français. Tutoyant son ami François, le président Condé a indiqué d'entrée que l'Afrique est devenue majeure. À cet effet, elle ne voudrait plus se voir dicter sa conduite depuis l'Occident.

Poursuivant, le septuagénaire (79 ans) a ajouté : « Arrêtons avec cette vision dogmatique de savoir si la bonne chose est un, deux ou trois mandats. Ça dépend de chaque pays et de la volonté de son peuple (…) Nous ne voulons plus que l’Occident nous dicte ce que nous devons faire. Les pays développés, on ne leur pose pas la question ! Est-ce qu’on pose la question à Singapour (par exemple, le Premier ministre est dans son troisième mandat) ? Je n’ai pas à répondre. Ce n’est ni aux journalistes ni aux puissances extérieures de décider. »

Pour lui, ce n'est nullement le nombre de mandats présidentiels importe, mais c'est plutôt l'intérêt du peuple africain qui doit primer : « Ma préoccupation n’est pas le nombre de mandats. C’est un débat qu’on nous a imposé. Marx a dit que l’humanité ne se pose jamais que des problèmes qu’elle est capable de résoudre. Le mien, c’est comment changer les conditions de vie des Guinéens, et avant tout des jeunes », a-t-il laissé entendre.

Au vu de tous ses propos, c'est sûr que le président Alpha Condé marquera d'une pierre blanche son passage à la présidence de l'Union africaine (UA). Il est depuis le 13 avril au Maroc pour présider les travaux d'ouverture des assises de l’Agriculture de Meknès.



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