CIV : Paiement du stock des arriérés, le Pdt Ouattara botte en touche

Très attendu ce 1er mai, le discours du président Alassane Ouattara était empreint de franchise devant les fonctionnaires. Lors de cette allocution, le président ivoirien a demandé une trêve sociale jusqu'à juillet. Les travailleurs se disent cependant déçus des propositions qu'il leur a faites.

Profonde dichotomie entre le président Ouattara et les fonctionnaires

Le paiement du stock des arriérés de salaires, tel était le point focal des attentes des fonctionnaires vis-à-vis des autorités. En effet, à l'occasion de la célébration de la fête du Travail, Alassane Ouattara s'est adressé aux fonctionnaires ivoiriens. Aussi, face aux multiples revendications formulées par les centrales syndicales qui tiennent pour l'essentiel au paiement des stocks des arriérés, le chef de l'État demande qu'une « clarté soit faite sur cette question des 249,6 milliards ». Car pour lui, il est important de savoir les circonstances et les responsables de cet engagement. Voilà pourquoi il demande une trêve sociale afin de mieux appréhender la question.

"ADO Solutions" a par ailleurs commis le vice-président, le Premier ministre et le gouvernement pour des discussions avec les fonctionnaires. Ainsi, indique-t-il : « J'approuve totalement l'appel du gouvernement à une trêve sociale conclue d'ici la fin du mois de juin. Elle doit nous permettre de travailler sereinement à la résolution des problèmes identifiés. » Avant d'ajouter : « Cette trêve sociale n’est en rien un renoncement ou un signe de faiblesse pour le gouvernement ou les partenaires sociaux. Elle est l’expression d’une prise de responsabilité, une prise de conscience à préserver l’essentiel. »

Néanmoins, le président Ouattara a déploré le mode de revendication des militaires et fonctionnaires en début d'année. Actions qui étaient de nature à fragiliser la paix sociale, selon lui. Mais les responsables syndicaux ont réfuté cette accusation. Et Théodore Gnagna Zadi de préciser : « Nous n'avons jamais fait une action en vue de fragiliser la situation sécuritaire de notre pays. » De même, a-t-il exprimé toute sa déception après le discours du président : « Nous avons un sentiment mitigé après ce discours. Nous sommes satisfaits concernant la question des retraites et de la levée des sanctions qui avaient affecté nos camarades grévistes. Mais nous pensions que le président allait faire un geste sur les arriérés, ou au moins annoncer un chronogramme de paiement. »

Notons que la plateforme et l’Intersyndicale des fonctionnaires se réunissent en Assemblée générale, ce mercredi, pour « décider de l’orientation à donner à la suite de la lutte ».