Côte d’Ivoire : 8400 ex-rebelles, un chiffre gonflé pour gruger l'État

8400 ex-rebelles, voilà un chiffre qui a fini par s’imprimer dans la mémoire collective en Côte d’Ivoire au rythme des mutineries. Et si ce chiffre cachait un énorme deal qui fait trembler la république depuis déjà plusieurs mois ?

Les 8400 ex-rebelles ont-ils vraiment existé ?

Depuis janvier, le régime du président Alassane Ouattara a régulièrement été secoué par des mutineries à répétition. Ce seraient 8400 ex-rebelles qui réclament des primes de 12 millions de FCFA. Ces chiffres, il sont faux, selon les dernières révélations. Et il est évident que ces chiffres n’auraient pas pu être vrais au regard de la situation.

Plusieurs anciens rebelles, membres des fameux 8400 ex-rebelles, sont décédés. D’autres ont pu quitter l’armée, voir le pays, pour se lancer dans des affaires ou même immigrer à l’étranger. Et pourtant, ce nombre n’a jamais été remis à jour depuis le début des revendications.

Les mouvements sur les différents comptes en banque permettent de mettre à nu une affaire pas très claire. Un établissement évoqué par Jeune Afrique, avait reçu 8,5 milliards FCFA pour payer une partie des ex-rebelles. Celui-ci a dû retourner 6 milliards de cette somme au gouvernement. Selon cette source, les paiements n’ont pas été effectués pour les raisons suivantes : « comptes clôturés ou inactifs, clients décédés, homonymies ».

Dès lors, on s’interroge pourquoi le nombre des revendicateurs est resté bloqué à 8400 toutes ces années ? Pourquoi n’y a-t-il pas eu le même retour de fonds dans les caisses de l’État lors du premier versement de début d’année ? S’il est évident que certains militaires ont pu décéder depuis lors, il est difficile de croire que 70.5%, soit 857 sur 1214 hommes, à qui étaient destinés les 8,5 milliards devant transiter par cet établissement l’aient été en seulement 5 mois.

Ouattara devrait lancer un vaste audit sur les biens de tous ses proches

Il est vrai que le taux de mortalité est élevé en Afrique, mais il n'a jamais atteint des sommets aussi impressionnants. Il ne l'est surtout pas chez des populations âgées de 15 à 40 ans, ce qui amène à d'autres interrogations. Qui a encaissé le premier versement destiné aux 857 qui manquent aujourd'hui à l'appel ? Ces derniers ont sans doute été informés par leurs complices de la surveillance de la destination des fonds par l'État.

À l'évidence, ce chiffre a été expressément gonflé dès le départ pour détourner ces montants. Un audit sur les comptes bancaires et bien de tous les dirigeants du RDR et de l'ex-rébellion devrait permettre de retrouver les traces de cet argent encaissé lors du premier versement.