Les organisations professionnelles de la presse ivoirienne se mobilisent pour le retrait des projets de lois sur la presse. L’Assemblée nationale qui devait adopter ces textes en plénière vient d’ajourner la séance parlementaire y afférente.

Les projets de lois sur la presse mis en veilleuse au parlement

Le bras de fer qui s’était engagé entre le ministre de la Communication et les journalistes ivoiriens connaît une accalmie. En effet, deux projets de lois sur la presse ne cessent d’alimenter la polémique depuis le 5 mai dernier. Date à laquelle le gouvernement a introduit les deux textes à l’Assemblée nationale en vue de leurs amendements. Il s’agit des lois n°2004-643 du 14 décembre 2004 portant Régime juridique de la Presse et le n°2004-644 du 14 décembre 2004 portant Régime juridique de la communication audiovisuelle.

Pour les organisations professionnelles des journalistes, ces modifications remettraient en cause la dépénalisation des délits de presse adoptée en 2004. Ces projets de loi ont déjà été adoptés en commission. Ils devraient également l’être en séance plénière, ce mercredi. Sauf qu’ils ont été momentanément retirés des débats. Ainsi que le confirme César Etou, porte-parole des organisations de médias et de la société civile : « Les deux projets d’amendements aux lois jumelles sur les médias ont été retirés, au moins momentanément, du programme de la session plénière du Parlement qui devait se tenir ce jour. »

Cependant, les professionnels des médias rassurent leur ministre de tutelle « qu’ils sont prêts à faire des propositions pour un recordage ». Car pour eux, il s’agit « d’aboutir à des projets de loi véritablement consensuels ». Et pourtant, le ministre Bruno Nabagné Koné soutient que ces projets de loi connaissent une forte progression par rapport aux lois de 2004. Un débat ouvert entre les journalistes et leur tutelle permettra donc de trouver le juste milieu sur la question de la liberté de la presse. D’autant plus que les journalistes sont de plus en plus menacés à travers le monde.

Notons que six journalistes ivoiriens avaient séjourné en prison, en février dernier. Le procureur les avait inculpés pour « divulgation de fausses informations, atteinte à la sûreté de l’État et incitation à la révolte ». Ils avaient alors révélé les sommes qu’auraient perçues les Forces spéciales à la suite d’une mutinerie.