Les avocats de la Côte d’Ivoire défenseurs de Simone Gbagbo à la CPI

La situation de Simone Gbagbo, l’épouse de l’ex-président de la Côte d’Ivoire - M. Laurent Gbagbo, a été commentée dans Jeune Afrique par les avocats français de l’État ivoirien, Me Jean-Paul Benoit et Me Jean-Pierre Mignard. Ces derniers soutiennent le refus du président Alassane Ouattara de transférer l’ex-première dame à la CPI. Selon eux, elle n’avait pas de pouvoir « hiérarchique » lors de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire et c’est ce qui explique son récent acquittement.

Les Avocats de la Côte d'Ivoire justifient le refus de livrer Simone Gbagbo

La Justice ivoirienne a condamné Simone Gbagbo à 20 ans de prison pour tentative de Coup d’État. Elle l’a aussi innocentée dans une autre procédure judiciaire en lien avec la période de crise post-électorale en Côte d’Ivoire en 2011. La CPI qui juge son époux Laurent Gbagbo la réclame pour soupçon de crimes contre l’humanité. Pour le gouvernement ivoirien et le président Ouattara lui-même, plus aucun Ivoirien ne sera transféré devant cette cour.

Interrogé sur ce double langage de la justice et des autorités ivoiriennes qui ont livré Laurent Gbagbo à la CPI, les deux avocats de l’État de Côte d’Ivoire Me Jean-Paul Benoit et Me Jean-Pierre Mignard ont trouvé de quoi justifier cette position.

« Le président Ouattara a toujours refusé d’envoyer Simone Gbagbo à La Haye », rappelle dans un premier temps Me Jean-Paul Benoit, avant de faire remarquer qu’elle-même « souhaitait être jugée en Côte d’Ivoire. » Toujours selon ce dernier, les « rapports » de Simone Gbagbo « avec Laurent Gbagbo relèvent d’un conseiller conjugal et non pas de la justice internationale. » Ce n’est pourtant pas ce que pensent les procureurs de cette cour, puisqu’ils continuent de la réclamer.

« Même si elle a eu de l’influence, elle n’avait aucun pouvoir exécutif dans la chaîne hiérarchique de commandement. Et cela apparaît clairement dans le procès », rajoute le protecteur des intérêts de la Côte d’Ivoire à la CPI.

La Côte d'Ivoire va introduire une demande d'abandon des charges contre Simone Gbagbo

Me Jean-Pierre Mignard rajoute pour sa part : « Juger Simone Gbagbo à La Haye aurait été une source de confusion. » C’est l’équipe d’avocats de la Côte d’Ivoire qui défendra Simone Gbagbo à la Cour Pénale Internationale. Me Jean-Paul Benoit l’a très clairement annoncé sur le site du même organe en déclarant : « Nous allons produire un mémoire à cet effet. Simone Gbagbo a été jugée en Côte d’Ivoire pour les mêmes incriminations (crimes de guerre, crimes contre l’Humanité) qu’à la CPI. Nous souhaitons que la Cour en prenne acte.»