Guinée : Destitution du président de la CENI, une manipulation d'Alpha Condé ?

Par Gary SLM
Publié le 06 juillet 2017 à 12:31 | mis à jour le 06 juillet 2017 à 12:31

Bakary Fofana, président de l'institution chargée de l'organisation des élections en Guinée, a été destitué par les commissaires de cette commission. Pour mauvaise gestion, dit-on. Et pourtant, l'opposition s'attend à une réforme totale de la CENI. Ces opposants évoquent donc une main manipulatrice du président Alpha Condé.

Crise à la CENI, l'opposition interpelle le président Alpha Condé

Les élections en Guinée sont régulièrement émaillées de tensions, à telle enseigne que la suspicion entre pouvoir et opposition s'accentue. De même, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) est constamment récusée par l'opposition qui la trouve inféodée au pouvoir. À cet effet, un projet de loi a été déposé à l'Assemblée nationale guinéenne pour reformer cette structure étatique. C'est en attendant le vote de cette loi qu'un bouleversement vient de se produire à la tête de la CENI.

En effet, le président de l'institution, Bakary Fofana, a été démis de ses fonctions par ses collaborateurs. Ainsi que le justifie Étienne Soropogui, l'un des commissaires décisionnaires : « Nous avons constaté dans le fonctionnement de notre institution qu’il y avait un certain nombre d’irrégularités. Donc nous avons estimé qu’il était urgent, à ce titre-là, de mettre en place un certain nombre d’organes qui garantiraient mieux le bon fonctionnement et qui garantiraient mieux la transparence et notamment la transparence sur des questions financières. » Il ajoute par ailleurs que le président démis faisait régulièrement obstacle aux décisions, pourtant unanimement arrêtées. Me Amadou Salifou Kébé, responsable juridique a été désigné pour assurer l'intérim.


Cependant, l'opposition, dont Cellou Dalein Diallo est le chef de file, estime qu'il s'agit d'un non-évènement. Car, les opposants et le président Alpha Condé ne cessent de s'empoigner sur la composition de la Céni. Pour eux, le chef de l'État a orchestré cette machination pour paralyser le processus électoral. Le débat reste donc toujours ouvert au sujet de l'indépendance réelle et totale de la commission chargée d'organiser, en toute transparence, les élections en Guinée.