CIV : [Du nouveau] Bombardement de Bouaké, l'ordre venu de l'Élysée ?

Le bombardement de Bouaké n'a visiblement pas encore livré tous ses secrets. À en croire des personnes très proches du dossier, l'ordre serait venu de l'Élysée.

Bombardement de Bouaké, l'Élysée impliqué ?

Plus de douze ans après, l'énigme demeure entière dans le bombardement de Bouaké. En effet, lors de l'«opération Dignité» lancée, le 6 novembre 2004, un camp français avait été bombardé par les avions de type Sukoi de l'armée ivoirienne. Le bilan de cette attaque était de 10 morts et 38 blessés. L'opération française Licorne était alors intervenue pour détruire au sol tous les aéronefs des Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (FANCI). Le président d'alors, Laurent Gbagbo avait évoqué une conspiration des Autorités françaises pour s'engager militairement aux côtés des rebelles ivoiriens.

Longtemps battue en brèche, cette accusation de l'ex-président ivoirien est en passe de s'avérer. Car des témoignages concordants laissent croire que l'ordre d'attaquer ce camp français serait donné depuis l'Élysée. Ainsi que le révèle un copilote ivoirien de l'un de ces avions : « Nous n’avions rien contre les Français. Je déplore cet incident s’il a été commis par nos avions. »

Même son de cloche pour la Robert J. Carsky (l'Américain tué lors du bombardement) qui s'étonne également des accusations portées contre les autorités d'alors : « L’heure que j’ai passée dans le bureau du président Gbagbo avec le ministre Bouabré m’a laissé l’impression qu’ils se posaient autant de questions que moi et qu’ils n’étaient pas vraiment les auteurs de l’acte. »

La juge d’instruction, Sabine Khéris, chargée du dossier, ne cesse de se voir imposer des fins de non-recevoir. Comme si l'Élysée avait des personnes à protéger pour éviter que la vérité éclate sur cette affaire rocambolesque. Et pendant ce temps, Laurent Gbagbo qui était accusé de tous les péchés d'Israël croupit actuellement à la CPI. Sa douzième demande de liberté provisoire reste encore incertaine, quand bien même il y a une lueur d'espoir qui alimente ses partisans.