Guinée : Plainte des victimes du 28 septembre 2009 contre Sékouba Konaté

Par Gary SLM
Publié le 28 septembre 2017 à 18:56 | mis à jour le 28 septembre 2017 à 18:56

Huit ans après le massacre du stade de Conakry, Sékouba Konaté, ex-président par intérim de la transition militaire guinéenne, pourrait faire l'objet d'une procédure judiciaire. En effet, celui qui était ministre de la Défense nationale au moment des faits est visé par une plainte déposée par un groupe de victimes du 28 septembre 2009.

Sékouba Konaté visé par une plainte des victimes du 28 septembre 2009

En Guinée, les victimes du massacre du 28 septembre 2009 n'ont pas encore renoncé à faire valoir leur droit à réparation. Ils viennent, à cet effet, de déposer une plainte contre Sékouba Konaté, l'un des acteurs majeurs de la transition militaire entre 2008 et 2010. Ministre de la Défense au moment des faits, l'homme n'a toujours pas été inquiété par la justice guinéenne. En 2015, le collège des juges chargé d'instruire cette affaire avait annoncé par la voix du ministre de la Justice Cheik Sako l'audition de l'ex-chef de la junte militaire. Mais depuis, aucune action concrète n'a été menée. Et pourtant dans la même affaire, Aboubacar Toumba Diakité a été arrêté à Dakar, puis rapatrié en Guinée. Moussa Dadis Camara, exilé au Burkina Faso, a également été inculpé dans cette affaire.

Mais devant le mutisme actuel des Autorités, les victimes ont saisi le tribunal de première instance de Dixinn, juridiction située dans la proche banlieue de Conakry, en vue d'une plainte contre le Général Sékouba Konaté. Ses dernières l'accusent « de responsabilité de commandement des chefs militaires et autres supérieurs hiérarchiques, faits prévus et punis par les articles 194 et suivants et 198 et suivant, du Code pénal et toutes autres incriminations que les enquêtes révéleront, le tout dans l’affaire des massacres du 28 septembre 2009 et les jours suivants ».


Notons que le 28 septembre 2009, dans le stade de Conakry, une manifestation réprimée par la junte militaire avait fait 157 morts tuées par balle, 109 femmes violées en plein jour et de nombreux blessés ainsi que des portées disparues.