Centrafrique : les milices de l'ex-Séléka et les anti-Balaka accusés de violences sexuelles

Par Gary SLM
Publié le 05 octobre 2017 à 23:49 | mis à jour le 05 octobre 2017 à 23:49

L'ONG internationale Human Rights Watch a rendu public son rapport annuel, ce jeudi 5 octobre, sur les violences sexuelles en Centrafrique. Elle pointe du doigt les milices ex-Séléka et anti-Balaka d'avoir utilisé le viol comme arme de guerre.

Ex-Séléka et anti-Balaka épinglés par Human Rights Watch

C'est un rapport de 176 pages rendu public par Human Rights Watch et qui incrimine les milices ex-Séléka prétendant défendre la minorité musulmane et les anti-Balaka de la tendance chrétienne, majoritaire. Élaboré sur la basse de témoignages recueillis auprès des victimes, ce rapport vient faire la lumière sur les crimes sexuels qui ont eu cours en Centrafrique pendant la période 2013 à 2017.

Au cours de cette période « les groupes armés ont utilisé le viol d’une manière brutale et calculée afin de punir et de terroriser des femmes et des filles », a expliqué Hillary Margolis, spécialiste des droits des femmes à HRW. Le rapport indique par ailleurs que les conjoints de ces femmes ont été massacrés par ces groupes armés. Certaines femmes ont été faites esclaves sexuelles pendant plus de 18 mois, précise le rapport.


L’ONG des droits humains a dénombré 305 cas de viols et d’esclavages sexuels, dont ont été victimes au moins 296 femmes et filles par des membres desdits groupes armés. Ces informations, selon l'organisation, sont en dessous de ce que peut être la réalité sur le terrain. Devant tous ces crimes, l’organisation déplore le fait qu’aucun membre des milices mises en cause n’a, à ce jour, été arrêté, encore moins traduit en justice pour violences sexuelles. HRW espère toutefois que le président Faustin-Archange Touadéra et son gouvernement veilleront à ce que justice soit rendue.