Côte d'Ivoire - CPI : Arrestation de Gbagbo, un vrai complot selon Mediapart

La thèse d'un complot ourdi contre Laurent Gbagbo est en train de se confirmer à mesure que les jours passent. Selon Mediapart, l'arrestation de l'ex-président ivoirien relève d'un montage entre le Quai d'Orsay, Alassane Ouattara et Louis Moreno Ocampo.

Mediapart met à nu le complot contre Laurent Gbagbo

Laurent Gbagbo a été arrêté le 11 avril 2011 et transféré à La Haye le 29 novembre de la même année. Mais loin de relever du hasard, l'arrestation et le transfèrement de l'ex-président ivoirien ont été savamment préparés de longue date. C'est du moins ce que révèle Mediapart dans sa publication de ce jeudi. À en croire ce média en ligne, Alassane Ouattara était de mèche avec la France sarkozienne et l'ancien procureur de la CPI Luis Moreno Ocampo pour, non seulement faire chuter l'ancien chef d'État ivoirien, mais aussi, et surtout pour faire de lui le premier président de la République jugé par cette cour. Un document « confidentiel » du ministère français des Affaires étrangères indique à ce sujet : « La Cour pénale internationale a demandé en avril 2011 de garder prisonnier le président de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo. »

Et pourtant, la Côte d'Ivoire n'était pas encore membre de la CPI, car n'ayant pas ratifié le traité de Rome. Mais n'empêche que les tractations souterraines étaient, d'ores et déjà, en marche pour que Gbagbo se retrouve à La Haye. L'ex-président Burkinabè Blaise Compaoré avait annoncé, longtemps en avance, que le président ivoirien d'alors devait être traduit devant la CPI. Ne disposant d'ailleurs d'aucune base légale pour demander ce transfèrement, M. Ocampo a tout réussi, grâce à un montage politico-diplomatico-judiciaire, à avoir la tête de son "client". La collaboration avec le président Alassane Ouattara, protagoniste dans la crise ivoirienne, est par ailleurs critiquée par certains observateurs. Le prédécesseur de Fatou Bensouda est actuellement éclaboussé par un scandale de corruption à la CPI.

Ces révélations viennent ainsi confirmer les déclarations de M. Laurent Gbagbo selon lesquelles il est retenu en otage à La Haye pour permettre au président Ouattara de gouverner en toute quiétude. De même, le verdict de son procès ne pourrait être qu'une suite logique de son arrestation et de son transfèrement. À moins que...