Côte d'Ivoire - CPI : Le cri de coeur de Me Koffigoh pour Laurent Gbagbo

Par Gary SLM
Publié le 10 octobre 2017 à 16:56 | mis à jour le 10 octobre 2017 à 16:56

Me Joseph Koffigoh dit profondément souffrir de la souffrance de l'ex-président Laurent Gbagbo. À travers ce poème, l'ex-Premier ministre togolais exprime son soutien et son affection au plus célèbre prisonnier de la CPI.

Le poème de Me Koffigoh à Laurent Gbagbo incarcéré à la CPI

Chef de la mission d’observation électorale de l’Union africaine à la présidentielle de 2010 en Côte d’Ivoire, Me Joseph Kokou Koffigoh se dit profondément écoeuré par le sort réservé actuellement à Laurent Gbagbo. Pour l'ex-Premier ministre togolais, M. Gbagbo est empêtré dans le tourbillon d'un complot international, dont il sortira certainement avec dignité. Le co-initiateur de la pétition pour la libération du Woody de Mama a donc écrit des vers pour traduire son admiration et son adhésion au combat de l'homme. En voici l'illustration dans cette belle envolée lyrique.

Poème de Koffigoh à Gbagbo

« L'espoir jusqu'au bout !

J'ai tout vu ce jour-là

Les éclairs dans le ciel

Armés par les tyrans d'explosifs et de foudre

Les éclats de l'espoir frappés à l'arme lourde

L'espérance affolée, appelant l'Éternel

Le fils était roué de coups sur tout le corps

Les cheveux arrachés, la reine était en peine

Pendant que les vainqueurs exhibaient sur les chaînes,

Les trophées du forfait pour leurs parrains du Nord

Et ce grand clerc réduit au petit caleçon

Qui baignait dans son sang

Mais, a su rester digne sous les crocs acérés

Et ses photos indignes qui circulent encore en images et sons

Et, cet autre grand clerc fauché à bout portant

Le visage en lambeaux, rendu méconnaissable

Pendant qu'il se rendait, sans arme et sans portable

Mandaté par le chef qu'il avait aimé tant

Rien n'a vraiment manqué au scénario du film

Les coups, le sang, la mort, le viol de l'innocence

Les rires du méchant profitant du silence

Des bons samaritains indifférents au crime

Rien n'a vraiment manqué au curieux feuilleton

Retournement de veste appelé allégeance

Confessions bidons et renversement d'alliance

Jubilation et gloire au tout nouveau patron

Puis-je continuer sans provoquer les larmes de ceux qui l'ont vécu ?

Beaucoup sont en exil

De ceux qui l'ont subi, beaucoup sont sur le gril

De l'armée des vainqueurs, les juges sous leur charme

Puis-je invoquer ce temps, sans soulever le coeur

Du plus grand prisonnier déporté dans l'abime d'un monde cynique

Contre de sales primes ?

Qui pourrait l'oublier, ce grand homme d'honneur ?

Car nos coeurs continuent de battre à l'unisson

Un jour, il reviendra pardonner aux satrapes

Regardez les bourreaux, leur passé les rattrape

Même s'ils ont quitté la case rébellion

On voit sur eux le nord se fermer tout d'un coup

Ils n'y trouveront plus une nouvelle base

Pour chasser l'espérance au fin fond de la nasse

La peur change de camp et les prend par le cou

L'homme s'est écrié "On ira jusqu'au bout!"

Je revois le passé, l'espérance était lasse

Le sang coulait à flots, l'avenir dans l'impasse

Mais, il s'est relevé, il est encore debout

Bientôt, sera fendue en deux, la mer profonde

Le peuple passera l'océan à pied sec

Devant les bataillons qui vont sombrer

Avec les chars de Pharaon dans l'écume des ondes

Alors, le dernier mot sera enfin "Adieu"

L'ange va proclamer la fin des servitudes

Le peuple aura ainsi reçu la certitude

Qu'il a raison de croire au miséricordieux. »



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