Côte d'Ivoire - CPI : La tête de Simone Gbagbo mise à prix par Bensouda

Par Gary SLM
Publié le 19 octobre 2017 à 11:21 | mis à jour le 19 octobre 2017 à 11:21

Simone Gbagbo doit être impérativement transférée à la CPI, a encore réitéré Fatou Bensouda. À en croire la procureure de la CPI, les Autorités ivoiriennes demeurent dans l'obligation de remettre l'ex-première dame.

CPI, Bensouda ne lâche toujours pas Simone Gbagbo

En dépit de la volonté exprimée d'Alassane Ouattara faire juger Simone Gbagbo en Côte d'Ivoire, Fatou Bensouda ne démord pas. Cette ambition quasi obsessionnelle de la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) a encore été répétée ce mercredi. Lors d'une interview accordée à un confrère, Mme Bensouda s'est voulue très formelle : « Le mandat délivré par les juges de la CPI en 2012 à l’encontre de Mme Gbagbo est encore en cours. Et la Côte d’Ivoire demeure dans l’obligation de la remettre à la Cour. »

Cet acharnement contre l'épouse de Laurent Gbagbo, lui-même incarcéré à La Haye, devient agaçant pour Abidjan. Car, le président Ouattara avait indiqué qu'il n'enverrait plus d'Ivoiriens à la CPI. D'autant plus que la justice ivoirienne est désormais opérationnelle pour connaitre de toutes les affaires impliquant des Ivoiriens. À cet effet, l'ex-première dame a déjà été jugée par la Cour d'assises d'Abidjan pour les crimes commis lors de la crise postélectorale. Alors que ce sont à cause de ces mêmes infractions que la CPI a délivré le mandat d'arrêt en 2012. Mme Simone Ehivet Gbagbo avait par ailleurs été acquittée lors de ce second procès.

Les avocats de l'État ivoirien, Jean-Paul Benoit et Jean-Pierre Mignard, s'étonnent donc de l'insistance de Mme Bensouda. La CPI n'étant qu'une justice subsidiaire, elle n'est opérante que si les juridictions nationales ne connaissent pas de l'affaire incriminée. L'affaire semble donc close pour Abidjan. Mais, le dossier est différemment apprécié du côté de La Haye.


Notons que la CPI est actuellement secouée par un vent de scandales. Luis Moreno-Ocampo, le prédécesseur de Fatou Bensouda est soupçonné de corruption. Deux fonctionnaires de la Cour ont déjà fait l'objet de sanction dans le cadre de cette affaire. La magistrate gambienne, ex-ministre de la Justice du dictateur Yayah Jammeh, avait également annoncé une enquête. La CPI avait en outre évoqué un déficit budgétaire pour ajourner le procès de Gbagbo et Charles Blé Goudé. Avec la multiplicité des procès, la Cour disposera-t-elle de moyens nécessaires pour conduire tous ces procès à bon port ? Le président Ouattara succombera-t-il à la demande de Mme Bensouda ?