Gambie : L'ex-président Yahya Jammeh bientôt poursuivi ? Ses victimes s'activent

En Gambie, on s'active pour traduire l'ancien président Yahya Jammeh devant les tribunaux. Des victimes de ses 23 années de règne (1994-2017) et des ONG locales et internationales réfléchissent sur la question.

Des victimes veulent traduire Yahya Jammeh en justice

Exilé en Guinée équatoriale depuis qu'il a quitté le pouvoir en janvier dernier, l'ex-président gambien Yahya Jammeh pourrait être traduit devant les tribunaux. En tout cas, c'est le voeu de certaines de ses victimes qui se sont réunies à Banjul du 19 au 21 octobre pour réfléchir sur la question. Soutenues par des ONG locales et internationales, ces victimes, au nombre 400, sont membres du Centre gambien pour les victimes de violations des droits humains. La principale association de victimes du régime de Yahya Jammeh. Elle espère par ailleurs obtenir justice des crimes subis sous le régime.

«Une soif de justice», selon Reed Brody, avocat américain de Human rights watch, dont l'ONG soutient les victimes gambiennes. Parmi ces victimes, on peut citer une proche de l'ex-président, Aïcha Jammeh, une nièce de Yahya Jammeh dont le père, cousin de l’ex-président, a disparu en 2005. Mais également la fille de l'opposant Solo Sandeng, mort en prison en 2016.

Les choses ne seront toutefois pas aussi aisées pour les victimes. Car Yahya Jammeh vit actuellement à Malabo, et semble avoir le soutien des autorités équato-guinéennes. Reste maintenant aux victimes de l'ex-dictateur de constituer un dossier démontrant sa responsabilité personnelle dans les crimes commis par son régime.

Après le cas de l’ancien président tchadien Hissène Habré condamné à la perpétuité par les Chambres africaines extraordinaires de Dakar, ils sont nombreux, les Gambiens qui " rêvent de voir Yahya Jammeh payer pour ses crimes".