Côte d’Ivoire : Refus de libérer Gbagbo, Amnesty International désavoue la CPI

Par Gary SLM
Publié le 25 octobre 2017 à 18:39 | mis à jour le 25 octobre 2017 à 18:39

Amnesty International n’est pas d’accord avec le refus de la CPI de mettre en liberté provisoire le président Laurent Gbagbo. L’organisation internationale dénonce une violation de la présomption d’innocent de l’accusé qui a déjà passé plusieurs années derrière les barreaux pour son procès.

Refus de libérer Gbagbo, Amnesty International balaye les arguments de la CPI

C’est la cession néerlandaise d’ Amnesty International qui enfonce le clou contre la CPI, fortement accusé de partialité dans le procès Gbagbo. Dans une note, l'organisation pointe le manque d’équité de la Coup Pénale Internationale vis-à-vis de Laurent Gbagbo. Cette organisation internationale des droits de l’Homme dénonce ce refus non fondé de la cour de mettre en liberté provisoire l’ex-président de la Côte d’Ivoire.

La Chambre d’appel de la CPI avait rejeté la dernière demande de la défense de Laurent Gbagbo sous le prétexte qu’elle avait commis une erreur technique dans sa démarche. L’avocat de Laurent Gbagbo, Me Altit Emmanuel aurait rédigé son recours sans tenir compte des modifications apportées récemment aux articles cités par lui pour fonder sa demande de libération conditionnelle de l’ex-chef d’État.

Amnesty International conteste cet argument de la CPI qui croit avoir pris cette décision « dans l’intérêt de la Justice ». « Considérant que la Cour était saisie sur le droit à la liberté d’un accusé privé de liberté pendant près de six ans en attendant son procès, et que le cadre juridique de la CPI montre l’obligation d’appliquer et d’interpréter la loi conformément aux droits de l’Homme et aussi de respecter les droits de l’accusé, l’intérêt de la justice aurait été d’avoir une approche plus indulgente », estime la juriste de l’organisation.

Les droits de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé bafoués par la CPI

Bien que Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé soient accusés de crimes graves, leur présomption d’innocence et leur droit de demander une mise en liberté provisoire ne peuvent être remis en question, selon le bureau néerlandais d’ Amnesty International.

Selon cette ONG, la CPI doit faire preuve « d’équité », même sur les « questions de procédure ».

Il faut noter que la crédibilité de la CPI est fortement remise en doute au sein de l'opinion internationale. Un journal français, Mediapart, a récemment fait étalage de plusieurs preuves de la collusion existante entre le premier procureur de cette cour, Luis Moreno-Ocampo, et les adversaires politiques de Laurent Gbagbo. Ce dernier, en violation de toutes les procédures, a manoeuvré avec des diplomates français proches d'Alassane Ouattara pour faire transférer Laurent Gbagbo en novembre 2011 de Korhogo à la prison de Scheveningen, près de La Haye.

Plusieurs documents montrent que ce procureur avait commencé à manoeuvrer contre Laurent Gbagbo alors que la crise poste-électorale pour laquelle il est emprisonné n'était pas encore déclarée.



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