Union africaine - Guinée : Alpha Condé sans détour

Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, Alpha Condé, président en exercice de l'union africaine, a fait un tour de l'actualité africaine. Le président guinéen a donné son point de vue sur la résolution des conflits sur le continent.

Alpha Condé pour une gestion africaine des problèmes du continent

Le président guinéen Alpha Condé, par ailleurs président en exercice de l'Union africaine, a de nouveau affirmé sa volonté de voir les problèmes africains gérés par les Africains eux-mêmes. Depuis qu'il dirige l'institution panafricaine, il ne cesse de multiplier les médiations pour trouver des solutions aux différentes crises qui secouent le continent. Pour lui, la solution des conflits doit incomber prioritairement aux Africains. La crise gambienne qui s'est dénouée grâce à la médiation de l'UA doit constituer un modèle à suivre pour résoudre d’autres crises en cours sur le continent. Notamment les conflits en Libye, en RDC et au Togo.

L'Afrique doit s'imposer aux autres

Sur ces différents sujets, Alpha Condé pense que l'Afrique a le devoir de parler d'une même voix et de s'imposer. Tant que les voix seront discordantes, l'Afrique aura toujours besoin des pays étrangers pour résoudre ses crises. C'est pourquoi il se réjouit du fait qu'aujourd'hui, les différents protagonistes libyens font entièrement confiance à l'UA pour trouver une solution à la crise.

Il s'est également félicité des démarches du président de la commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat en RDC, mais aussi de sa propre rencontre avec le président Joseph Kabila pour une sortie de crise. Autant d'actions qui doivent repositionner l'Afrique sans toutefois rejeter l’appui des Européens, des Américains et de l’ONU.

Prendre part aux décisions qui touchent l'Afrique

Il est inadmissible que l'Afrique ne puisse pas prendre part à ses propres décisions. Selon Alpha Condé "70 % des problèmes traités par le Conseil de sécurité, tout comme la majorité des opérations de maintien de la paix de l’ONU, concernent l’Afrique." Il considère donc l'absence de l'Afrique au Conseil de sécurité comme une véritable anomalie, voire "une injustice" qu'il faut réparer. L'Afrique doit siéger de façon permanente au Conseil de sécurité et tous les moyens doivent être mis en oeuvre pour que cela se fasse.