Côte d'Ivoire: La monnaie ivoirienne débutait le 15 mai 2011, motif des bombardements français

Monnaie ivoirienne - Justin Katinan Koné - Laurent Gbagbo
Par mjdgqhm
Publié le 03 novembre 2017 à 12:15 | mis à jour le 05 novembre 2017 à 23:58

Une monnaie ivoirienne aurait été battue le 15 mai 2011 si la France n'avait pas bombardé la résidence de M. Laurent Gbagbo pour favoriser son arrestation par les anciens rebelles. C'est l'ancien ministre de l'ex-président ivoirien, M. Justin Katinan Koné, qui l'a confirmé dans une interview vidéo.

La monnaie ivoirienne, motif caché des bombardements français contre Gbagbo

Le FCFA, considéré comme une monnaie coloniale, fait face à des critiques de plus en plus féroces. Ce débat, la Côte d'Ivoire aurait pu y échapper si les avions de Nicolas Sarkozy n'avaient pas freiné le processus d'indépendance enclenché par le dernier gouvernement du président Laurent Gbagbo.

Ce qui semblait n'être qu'une simple rumeur était en réalité bien plus et c'est le porte-parole du prisonnier de Scheveningen (Pays-Bas) qui le dit. Le ministre Katinan Koné a d'abord décrié la France-Afrique, un système qui permet à la France de garder la mainmise sur les économies de ses anciennes colonies.

"J'ai vu la France-Afrique de mes propres yeux. J'ai vu comment ce système est fait à la seule gloire de la France... J'ai vu commet nos systèmes financiers restent totalement sous domination, exclusivement dans l'intérêt du développement de la France", confie l'ancien ministre ivoirien du Budget.

Katinan Koné a bien vu la France-Afrique

Ce dirigeant aujourd'hui en exile au Ghana a rajouté : "J'ai vu comment ce système fragilise, c'est-à-dire qu'un seul fonctionnaire en France, au Quai d'Orsay, peut bloquer tout un pays (en Afrique, NDLR). Je l'ai vu! J'ai vu la France Afrique en exile et ce que nous avons vécu ces quatre mois est une bataille contre les réseaux pervers."

Parlant de la monnaie ivoirienne qui animait les rumeurs au plus fort de la crise postélectorale dans laquelle s'était invitée la France, il déclare : "Oui, si on n’avait pas les événements du 11 avril et que la BCEAO continuait, le 15 mai (2011), nous avions notre monnaie."

Le ministre Katinan Koné explique que la Côte d'Ivoire n'avait pas "le choix" puisqu'elle aurait été en "rupture de coupures d'argent" à un moment donné.

À noter que la BCEAO, sur décision du président Alassane Ouattara, soutenu par la France, avait cessé l'alimentation des banques ivoiriennes en coupures d'argent. Le but était de mettre en difficulté l'administration dirigée par Laurent Gbagbo.

La Côte d'Ivoire aurait sorti la zone CFA de la domination française

La monnaie ivoirienne, alors en préparation par ce dernier, aurait permis de contourner cette mesure. Et le ministre Justin Katinan Koné en est convaincu, elle aurait marché et même sans doute entraîné les autres à s'extraire de la domination française.

"Contrairement à ce qu'on dit, cette monnaie ivoirienne pouvait marcher et totalement. Je pense que c'est une des raisons de la guerre (de la France contre Laurent Gbagbo). Les gens savaient! Les gens savaient que le 15 mai (2011) la Côte d'Ivoire aurait eu sa monnaie et cela aurait entraîné toute la sous-région" dans ce mouvement d'indépendance vis-à-vis de la France.

Katinan Koné explique que les opérateurs économiques burkinabés, maliens, nigériens qui font transiter leurs produits par le Port d'Abidjan, le plus grand de la sous-région, et le plus proche de ces territoires, auraient été obligés d'utiliser cette monnaie.


Gbagbo avait anticipé les coups de la France

Dernier Gouvernement de Laurent Gbagbo"Quand on dit que 40% de la masse monétaire en circulation vient d'un pays, forcement, vous détenez 40% de l'économie.", dit-il avant d'expliquer que cette monnaie aurait finalement été adoptée par ces pays voisins dont l'économie dépend en grand partie de la Côte d'Ivoire. Pour lui le gouvernement Gbagbo n'avait aucun doute sur le succès de cette monnaie.

Le seul problème à son émission aurait été, selon lui, que le gouvernement français refuse de rétribuer à la Côte d'Ivoire les 10000 milliards de FCFA qui sont dans son trésor. Mais toujours selon lui, une solution avait déjà été anticipée à cette position française.

Il assure que si l'armée française n'avait pas fait arrêter Laurent Gbagbo, les choses auraient été bien différentes et dans le bon sens pour les Ivoiriens. "Je suis vraiment malheureux qu'on n'ait pas laissé ce gouvernement-là faire ce qu'il était en train de préparer pour les ivoiriens. Le 15 mai nous aurions eu notre monnaie et elle aurait marché.", a-t-il encore regretté.

Laurent Gbagbo était traité de dictateur dans une vaste campagne de communication relayée par les médias français à l'époque. Depuis les révélations de Médiapart, sur les nombreux complots montés contre lui, la CPI qui le fait prisonnier depuis plusieurs années est dans l'embarras. Même la Division des Droits de l’Homme de l’ONU juge la détention de l’ex-président ivoirien « désormais inique ».






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