Côte d'Ivoire : Detoh Letho dit pourquoi il est allé au Golf Hôtel

Detoh Letho dit pourquoi il est allé au Golf Hôtel
Par Dreyfus polichinelle
Publié le 08 novembre 2017 à 17:42 | mis à jour le 08 novembre 2017 à 17:42

Traité de fuyard par ses détracteurs, le général Detoh Letho a tenu à faire des précisions sur les circonstances de son allégeance à Alassane Ouattara. Dans un long récit, l'ancien commandant des forces terrestres explique avec fort détail comment il s'est retrouvé au Golf Hôtel.

Detoh Letho au Golf Hôtel, les raisons

Le général à la retraite Firmin Detoh Letho n'est pas passé par quatre chemins pour relater les circonstances qui l'ont conduit à rejoindre les forces pro-Ouattara dans leur retranchement du Golf Hôtel. Aussi, l'ancien chef d'état-major général adjoint du président Alassane Ouattara s'est totalement lâché lors de sa déposition de ce mercredi.

« Le 31 mars 2011, je suis allé au Golf pour deux raisons principales : la première raison, c'est que je voulais que la guerre cesse. Car, je savais que nos éléments sur le terrain n'avaient plus les moyens, et qu'Abidjan était complètement prise. (...) Et lorsque vous avez 12 cartouches, cela ressemble à un bâton. Donc, moi je ne voulais pas que nous continuions cette guerre-là, parce que c'était amener mes hommes à l'abattoir. Je ne voulais pas cela, je voulais simplement que la guerre s'arrête. »

Prenant Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et toute la Côte d'Ivoire à témoin, le général Detoh Letoh a poursuivi : « Si vous me permettez, je voulais profiter de cette lucarne que vous m'offrez pour dire qu'après cet acte que j'ai posé, je suis traité de fuyard. Depuis le commencement de cette guerre en 2002 jusqu'à ce que je parte le 31 mars au Golf, j'ai mené le combat au bon temps, et j'ai mené le bon combat parce que j'avais les moyens.

C'est justement grâce à cela que j'ai accédé au grade de général. Si le président Gbagbo m'a nommé général, c'est parce qu'il a vu en moi certaines qualités. J'ai travaillé, toute la Côte d'Ivoire sait que j'ai travaillé et que je n'ai pas fui. À un certain moment, la guerre a éclaté. Mais est-ce que c'est pour cela qu'il faut admettre que nos soldats soient tués ? »

À propos du manque d'armement et de munitions de l'armée ivoirienne, le témoin a expliqué : « Ceux qui disent qu'ils ont continué la guerre, je ne sais pas d'où ils ont eu leur armement, leurs munitions. Mais pour ce que moi je sais, je suis parti au Golf, mais avant de partir au Golf, je n'ai pas fui. J'ai appelé le colonel-major le Com'theâtre, le colonel Gouanou qui commandait le deuxième bataillon, le colonel Doumbia qui commandait le premier bataillon, le colonel Adjoumani qui commandait le BB (Bataillon blindé).


J'ai même appelé l'adjoint au général Dogbo Brunot, Aby Jean. Pour la première fois, quand j'ai appelé le colonel Gouanou, il m'a dit qu'il était en réunion avec le colonel major Com'theâtre. Je leur ai dit que je pense que le rapport de force a changé, donc on peut arrêter les combats.... Mais ils sont restés-là jusqu'à ce que les bombardements commencent... Je ne pouvais plus joindre le général Mangou... Je n'arrivais pas à joindre, ni le commandant supérieur de la gendarmerie, ni le directeur général de la police, ni tous ceux qui étaient avec nous. Je suis donc allé au Golf. »