Côte d'Ivoire : Le conflit foncier Guéré-Baoulé à l'ouest se politise

Des dozos se mêlent au conflit foncier dans l'ouest

Le conflit foncier qui s'est déclenché entre Guérés et Baoulés dans l'Ouest ivoirien pour un lopin de terre est visiblement loin de son déclin. Alors que les autorités ivoiriennes annonçaient la fin du conflit, les violences ont malheureusement repris à Guiglo.

Le conflit foncier prend de l'ampleur à l'ouest

Guérés et Baoulés continuent de se regarder en chiens de faïence dans l'ouest de la Côte d’Ivoire. Ce conflit foncier déclenché par l'incompréhension entre les deux communautés ivoiriennes quant à l'exploitation d'un champ de cacao situé dans la forêt classée de Goin-Débé continue de faire des dégâts. Au moins 7 personnes ont déjà été tuées et 28 autres blessées lors des récents affrontements. Lors de l'inauguration du barrage de Soubré, le président Alassane Ouattara avait annoncé que le calme était revenu dans la région.

Et pourtant, la réalité du terrain est toute autre. En dépit du déploiement de près d'un millier de forces de défense et de sécurité, ainsi que des missions gouvernementales pour apaiser la tension, le conflit ne cesse de s'étendre à d'autres localités et de se politiser davantage. Oulehi César dit Sohou, représentant RHDP du canton Zarabaon, a, en effet, été retrouvé mort dans un puits dans la localité de Zou.

À en croire des témoins, ce dernier se serait suicidé. Mais à la veille de son acte, « il avait propagé une fausse information au sein de la forte communauté baoulé et Burkinabè, selon laquelle le responsable FPI du village aurait fait venir des mercenaires pour les attaquer. » Des campements guérés ont par ailleurs été incendiés à la suite de l'information véhiculée par le défunt.

Des dozos (chasseurs traditionnels originaires du Nord ivoirien) se sont également mêlés à ce conflit. Cette situation explosive ne cesse donc de faire monter la tension dans cette partie de la Côte d'Ivoire qui a déjà payé le plus lourd tribut lors de la crise postélectorale.