Côte d'Ivoire:Présidentielle 2020, la CADHP exige la réforme de la CEI

Youssouf Bakayoko et les membres de la CEI.

La CADHP est très soucieuse pour une présidentielle 2020 apaisée et sans violence. Pour ce faire, cette juridiction africaine appelle à une réforme de la CEI, organisatrice des élections en Côte d'Ivoire.

La CADHP tranche, Youssouf Bakayoko sur la sellette ?

Les autorités ivoiriennes ont adressé une requête à la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) aux fins d'obtenir des précisions sur le récent arrêt de la Cour à propos de « la nomenclature de la nouvelle CEI ». Aussi, la Cadhp se veut-elle très formelle dans sa décision : « La Commission électorale indépendante ivoirienne (CEI), dans sa composante actuelle, ne peut se permettre d’entreprendre l’organisation d’une quelconque élection tant qu’elle n’est pas réformée en profondeur. »

La réponse de cette juridiction qui siège à Arusha en Tanzanie est d'autant plus directe que la composition actuelle de la CEI pourrait être chamboulée. En effet, Youssouf Bakayoko, président de cette institution ivoirienne depuis février 2010, l'ancien diplomate ivoirien ne fait plus l'unanimité. Une partie de l'opposition proche de l'ancien président Laurent Gbagbo continue de réclamer son départ de la CEI.

Ces derniers estiment que l'organisation de la présidentielle de 2010 et les violences qui s'en sont suivies ne militent pas en faveur de l'ex-ministre ivoirien des Affaires étrangères. La crise postélectorale a fait 3000 morts et les stigmates sont encore présents aussi bien sur le corps que dans les esprits. La présidentielle de 2020 qui approche à grands pas suscite tellement de crainte que la CADHP entend éviter de tomber dans les travers du passé. Car elle avait déclaré que la CEI actuelle est non conforme au droit international, par conséquent discriminatoire envers l’opposition et les candidats indépendants.