Côte d'Ivoire : Vente d'esclaves en Libye, le gouvernement rapatrie des migrants ivoiriens

Des migrants africains vendus comme esclaves en Libye
Par Dreyfus polichinelle
Publié le 17 novembre 2017 à 12:06 | mis à jour le 17 novembre 2017 à 12:06

L'image des esclaves noirs vendus en Libye a fait le tour du monde, aussi choquante que révoltante. Le gouvernement ivoirien entend donc rapatrier près de 600 de ses ressortissants en souffrance dans ce pays maghrébin.

Le gouvernement sauve des Ivoiriens de la vente d'esclaves en Libye

La Côte d'Ivoire a été identifiée comme la championne d'Afrique de la migration clandestine. À en croire les statistiques de l'Organisation internationale de la migration (OIM), le plus grand contingent de migrants provient de ce pays de l'Afrique subsaharienne. Cependant, les autorités ivoiriennes s'activent pour freiner ce fléau qui, malheureusement, est devenu le sport favori de bon nombre d'Africains noirs. Et pourtant, ce périple se fait au risque de leur vie, avec des souffrances inimaginables.

Outre les milliers de morts de la Méditerranée dont les images sont régulièrement relayées dans la presse, il y a une autre déshumanisation de l'homme noir qui se pratique en Libye, cette fois-ci à l'abri des regards. Il s'agit de la vente aux enchères d'esclaves noirs. À l'aide d'une caméra cachée, une journaliste de CNN a surpris une vente aux enchères de douze Nigérians, se rendant ainsi compte par elle-même, le vaste réseau de négriers dans lequel Nigériens, Maliens, Ghanéens, Burkinabè, Ivoiriens et autres Africains noirs sont régulièrement vendus à des fermiers blancs.

Ces images qui continuent de heurter la conscience humaine ont poussé le gouvernement ivoirien a décidé réagir. À l'issue du Conseil des ministres de ce jeudi, le président Alassane Ouattara et son gouvernement entendent rapatrier en Côte d'Ivoire, dans un bref délai, 595 Ivoiriens en situation de détresse en Libye. Cette évacuation humanitaire n'est pas la première du genre, car plusieurs migrants ont déjà été rapatriés dans un passé récent.


Cependant, des réactions fusent çà et là pour dénoncer la laxisme des dirigeants africains face à ce fléau qui prend davantage de proportions. Les programmes d'insertion socioprofessionnelle des jeunes sont de plus en plus inexistants dans ces Etats subsahariens. Aussi, rapatrier des candidats à la recherche d'une vie meilleure serait peine perdu, d'autant plus que si les facteurs de cet exode demeurent, ces mêmes rapatriés pourraient tenter à nouveau l'aventure.




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