Nigéria : Muhammadu Buhari, impuissant contre la corruption

Muhammadu Buhari président du Nigeria
Par Julien D
Publié le 17 novembre 2017 à 16:00 | mis à jour le 17 novembre 2017 à 16:00

Il avait fait de la lutte contre la corruption l'un de ses slogans de campagne présidentielle. Mais après deux ans et demi de pouvoir, Muhammadu Buhari n’a toujours pas de solution contre l’un des plus grands fléaux qui menacent l’économie nigériane.

Muhammadu Buhari a-t-il vraiment les moyens de lutter contre la corruption?

Deux ans et demi après l’élection de Muhammadu Buhari à la tête du Nigeria, le pays n’est toujours pas arrivé à entamer une véritable lutte contre la corruption. Alors que le président en avait fait une promesse de campagne, disant à qui voulait l'entendre : « La corruption n’a pas de place dans mon administration ». En dépit de cette volonté manifeste du chef de l’État de mettre fin à une pratique qui gangrène l’économie du pays, les choses n’ont jusque-là pas évolué. Une situation qui n’est pas du goût des Nigérians qui se disent désabusés et trahis.

Aujourd’hui, le président Buhari est sous le feu des critiques. Sa lutte contre la corruption connait peu de succès dans le pays et des accusations de favoritisme se sont fait entendre au sein de la population. On l’accuse par ailleurs d’épargner ses proches et de viser seulement des dignitaires de l’ancien régime. Ses détracteurs lui reprochent en outre d’accorder un traitement de faveur aux nordistes musulmans. Mais pour beaucoup d’observateurs, si la lutte anticorruption de l’actuel homme fort d’Abuja ne connait pas grand succès c’est à cause de deux faits.

Le premier, c’est l’état de santé du président qui, depuis le début de cette année, a passé la majorité de son temps hors du pays , notamment à Londres, pour des soins. Cette indisponibilité l’empêchait de suivre de près les dossiers sensibles. Deuxième fait, Muhammadu Buhari aurait les mains liées par ceux qui ont financé sa campagne présidentielle. Selon un diplomate une campagne au Nigeriacoûte 8,6 milliards d’euros. « Même si Buhari n’est pas corrompu, l’argent ayant servi à le faire élire est bien venu de quelque part. Aujourd’hui, il peut difficilement s’attaquer à ceux qui lui ont permis de gagner », explique cet homme politique de son entourage.

Des inquiétudes qui laissent septiques tous ceux qui avaient placé leur confiance en lui pour vaincre ce grand fléau. À mi-parcours de son premier mandat qui s’achève en 2019, Buhari aura-t-il les moyens de tenir sa promesse ?