Kenya : Défiant la Cour suprême, Odinga veut également prêter serment

L'opposant kenyan Raila Odinga
Par Julien D
Publié le 29 novembre 2017 à 13:16 | mis à jour le 29 novembre 2017 à 13:17

Au Kenya, le feuilleton politique est loin d’être terminé. Alors que le président élu vient de prêter serment, son rival Raila Odinga annonce lui aussi qu’il prêtera serment en tant que président de la République le 12 décembre.

Raila Odinga pour un scénario à l'ivoirienne ?

Jusqu’où ira Raila Odinga dans l'imbroglio politique au Kenya ? Après avoir boycotté le scrutin présidentiel bis du 26 octobre, contesté la réélection de Kenyatta et annoncé la création d’une assemblée du peuple, l’opposant kenyan fait encore parler de lui. Le chef de file de l’opposition a, en effet, décidé cette fois-ci de prêter serment le 12 décembre en tant que président légitime du Kenya. Une déclaration qui fait suite à la cérémonie d’investiture, le 28 novembre, du président élu Uhuru Kenyatta pour son second et dernier mandat.

Alors qu’on croyait à une baisse de la tension politique, le discours du chef de la NASA vient à nouveau soulever des inquiétudes sur la normalisation de la situation politique au Kenya. Sur la base de quel résultat se proclamera-t-il donc le président du Kenya ? Comment se fera cette prestation de serment ? Devant quelle institution le fera-t-il ?

Autant d’interrogations qui sont symptomatiques d'une montée de tension. Sans même avoir pris part à l’élection présidentielle du 26 octobre organisée par l’IEBC, qu’il a jugé incapable de garantir une élection transparente, certains observateurs s’interrogent.

Avec cette annonce, le specte d'un autre chaos ne cesse de planer sur le Kenya. Un scénario déjà vu, notamment en Côte d’Ivoire où après l’élection présidentielle de 2010, les deux candidats, Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo, s'étaient concomitamment déclaré vainqueur et avaient tous deux prêté serment. Une situation qui avait conduit le pays dans une crise postélectorale sans précédent avec plus de 3000 morts. Raila Odinga était alors l'un des facilitateurs des négociations conduites par l'Union africaine.

Pour l’instant, les autorités kenyanes ne sont pas encore prononcées sur le bras de fer que compte engager l’opposant Odinga contre le président Kenyatta.