Côte d'Ivoire : Immigration, Ouattara et Macron diamétralement opposés

Ouattara et Macron opposés à propos de l'immigration
Par Dreyfus polichinelle
Publié le 18 décembre 2017 à 10:04 | mis à jour le 18 décembre 2017 à 10:05

Récemment main dans la main à la faveur du Sommet UA-UE à Abidjan, Emmanuel Macron et Alassane Ouattara affichent désormais une vision opposée au sujet de l'immigration. Alors que le président ivoirien plaide pour l'ouverture de l'Europe, son homologue français adopte plutôt une politique de fermeté.

Empoignade entre Ouattara et Macron à propos de l'immigration

Une vidéo de la chaîne américaine CNN montrant une vente aux enchères des migrants subsahariens en Libye avait créé une vive émotion à travers la planète. Mais entre les déclarations d'intention et la réalité du terrain, l'écart est tellement considérable que la situation des migrants est loin d'avoir trouvé une solution adéquate, tant les dirigeants européens et africains semblent opposés sur le cas de ces chercheurs de vie agréable dans "l'eldorado" européen.

Pour Alassane Ouattara : « Il faut que l’Europe s’ouvre. Il faut que l’Europe fasse en sorte que ces jeunes gens fortement qualifiés soient à mesure d’aller faire des études, puissent faire des stages de formation. » Le président ivoirien reconnait toutefois qu'il ne faut pas considérer que les « problèmes de chômage soient réglés par l’Europe ». Il ajoute par ailleurs : « Nous devrions faire en sorte que nos ressortissants aient des emplois, que cette jeunesse se sente bien chez elle. »

Cependant, le président Emmanuel Macron milite plutôt pour une politique migratoire rigide. À travers un projet de loi sur l’immigration, en préparation pour le printemps 2018, le président français entend axer son action sur un triptyque. D’abord, limiter les arrivées en France, à travers les actions menées en Afrique et particulièrement en Libye, ensuite renvoyer les migrants n’obtenant pas le droit d’asile, enfin mieux accueillir les réfugiés l’ayant obtenu.

« Le ministère de l'Intérieur (Gerard Collomb, Ndlr) va désormais prendre la main sur ce qu'il sait être une réserve de sans-papiers. Une circulaire en date du 12 décembre instaure la création de brigades mobiles envoyées pour contrôler les personnes hébergées dans les hôtels sociaux », a-t-il indiqué.

Cette attitude du président contraste avec les promesses faites par le candidat Macron lors de la présidentielle, où il invoquait l’« honneur de la France à accueillir les réfugiés ». Aussi, à la faveur de la journée mondiale internationale des migrants de ce 18 décembre, plusieurs manifestations sont prévues contre la politique du locataire de l'Élysée. Amnesty International entend donc faire pression sur le président Macron pour « remettre au cœur des choix du gouvernement le respect des droits des migrants et des réfugiés, quel que soit leur statut, comme l’exigent les textes internationaux de protection des droits humains ».



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