Rwanda : Attentat contre Habyarimana, fin de 20 ans d’enquête

ancien Président de la République rwandaise Juvénal Habyarimana
Par Timothée Jean
Publié le 21 décembre 2017 à 22:52 | mis à jour le 21 décembre 2017 à 22:57

Le soir du 6 avril 1994, l’avion de l’ancien Président de la République rwandaise Juvénal Habyarimana était abattu par un missile. Une commission d’enquête avait imputé la responsabilité de l’attentat aux extrémistes hutu. Mais après de nouveaux rebondissements, les juges d'instruction français relançaient les investigations. Cette enquête vient d’être clôturée ce mercredi, laissant au Parquet de Paris le choix de réclamer un procès ou l’abandon des poursuites contre les suspects.

Attentat contre Habyarimana, procès ou l’abandon des poursuites ?

L’attentat contre l’ex-président rwandais Juvénal Habyarimana est cité parfois comme le déclencheur du génocide rwandais qui a fait 800 000 morts selon l’ONU, et 1 million de morts, selon Kigali. Cette attaque a marqué l’Histoire et est loin de son épilogue. En effet, à mesure que le temps passe, de troublantes révélations viennent davantage déclassifier ce dossier.

Alors qu’une commission d’enquête imputait ce crime aux extrémistes hutus qui voulaient se débarrasser d’un président jugé trop modéré, de nouvelles plaintes ont permis aux juges antiterroristes français de relancer les enquêtes.

Après des années d’investigation, l’enquête ouverte sur les circonstances de l'attentat de l’ancien Président rwandais est close. L'information est tombée ce jeudi dans la matinée. La procédure a ainsi été transmise au Parquet de Paris qui devra requérir à un procès ou à un non-lieu pour les sept Rwandais mis en examen, des proches de l'actuel président rwandais Paul Kagame.

De son côté, les autorités rwandaises soupçonnent la France d'avoir pris une part active dans ce crime à haute échelle qualifié de génocide par les Nations unies. Une plainte déposée par l'association Survie cible les dirigeants français de l'époque pour leur prétendue implication dans le génocide de 1994. 20 responsables français sont ainsi dans le collimateur de la justice rwandaise.